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Vivement l'Ecole!

L’école peut-elle se passer de discipline?...

5 Août 2017 , Rédigé par Non Fiction Publié dans #Education, #Pédagogie

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L’école républicaine encourt souvent le reproche, dans une société qui valorise la réalisation individuelle, de mouler les individus dans un cadre uniformisant impropre à répondre aux transformations économiques et à épanouir les individus.

Certains reprochent à l’école de manquer d’autorité et prônent un « retour à la discipline ». D’autres, au contraire, proposent des modèles alternatifs au modèle républicain de l’enseignement public : ils tentent de penser une école qui, moins centrée sur la discipline de groupe, arriverait davantage à penser les individus et à se penser à partir d’eux.

D’un point de vue théorique, en France, la question de la place de la discipline à l’école s’inscrit dans un débat ancien entre la tradition issue de la pensée philosophique de Rousseau et celle issue de la pensée philosophique de Kant ou de la sociologie de Durkheim. D’un point de vue historique, elle pose le problème du modèle scolaire qui se met en place en France au XIXe siècle, dans le sillage de la Révolution française.

L’école intègre l’individu dans la société

Rousseau pense l’éducation comme une relation privilégiée entre un maître, envisagé davantage comme un guide que comme autorité, et un élève : il n’est pas question d’école. De leur côté, Kant, qui exerce une influence majeure sur les pédagogues de l’école républicaine, qui se met en place dans les années 1880, ou Durkheim, père de la sociologie française, auteur d’un cours intitulé l’Education morale, prônent une éducation collective. Pour ces deux penseurs, l’école est un groupe moral (Durkheim parle d’une « petite société ») qui intègre l’individu dans le monde social. Pour Kant, l’individu ne développe son sens moral que dans l’acquisition d’une morale collective qui le dépasse. Chez Durkheim, qui mène une réflexion sur la fonction sociale de l’école, celle-ci fait incorporer (au sens propre du terme) aux individus les principes, valeurs et comportement légitimés par l’ordre social. L’école contribue au maintien de l’ordre social. A l’école, dans la conception de Kant ou de Durkheim, l’individu apprend donc à se conformer. La conformité ne se veut pas un conformisme. Elle n’est pas une fin en soi. Elle permet à l’individu de dépasser ce qui en lui, relève de l’animal, du primitif, de la pulsion, pour développer son humanité. Une société dont la morale est fondée sur la raison émancipe les individus à la fois de leur animalité et du pouvoir arbitraire.

Chez Rousseau, l’enfant est bien l’objet d’une éducation, car il est naturellement un produit inabouti, incapable de prendre soin de lui-même, mais aussi parce que, confronté à la société des hommes et à ses vices, il risque de perdre sa nature intrinsèque d’être moral. Le maître, chez Rousseau, est alors un guide pour l’enfant dans sa propre nature (qui l’éloigne naturellement du mal) et dans sa confrontation à la nature, c’est-à-dire à ce que Rousseau appelle l’ordre des choses, ou encore, la nécessité. Il lui fait prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses, autrement dit, de ses limites naturelles. Une telle éducation a pourtant bien, chez l’auteur du Contrat social, une finalité sociale et politique : rendre l’humanité à la nature, pervertie par la société, construire un corps politique capable de penser les relations individuelles à partir d’un principe de liberté.

(...)

Nada Chaar

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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