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Vivement l'Ecole!

Faut-il avoir un pseudonyme pour s’exprimer sur l’éducation?... Par Philippe Watrelot

13 Août 2017 , Rédigé par Chronique Education - Philippe Watrelot Publié dans #Education

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EXTRAITS

« Un arrêt du Conseil d’État du 20 mars 2017 rappelle que les agents publics restent soumis à leurs obligations déontologiques sur les blogs et réseaux sociaux. » C’est ainsi que commence un article écrit par Olivier Guillaumont dans La lettre du Cadre Territorial le 5 juin 2017.Le texte rappelle ensuite quelques décisions de justice récentes qui ont en effet condamné des fonctionnaires blogueurs pour avoir manqué à une obligation de discrétion et avoir fait état de leur statut de fonctionnaire sur les réseaux sociaux. Le texte se poursuit avec un encadré énumérant trois « bonnes pratiques » :

-       « Lorsqu’il s’exprime publiquement sur les réseaux sociaux soit à titre personnel, soit au titre d’une autre qualité (membre d’une association par exemple), l’agent public ne doit pas faire état de sa qualité. »

-       « Même lorsqu’ils s’expriment sous leur seul nom, la plus grande prudence s’impose aux agents publics dans l’expression publique de leurs opinions, qu’elles soient d’ordre politique, juridique ou religieux, en particulier, lorsque leur place dans la hiérarchie administrative ou leur notoriété locale permet de faire le lien avec le service. »

-       « L’obligation de discrétion professionnelle interdit aux agents de diffuser des informations ou des documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.»

Ce texte a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux (et j’y ai moi même contribué). Mais si les décisions de justice sont incontestables et constituent une forme de jurisprudence, les recommandations sous forme de « bonnes pratiques » sont un peu plus discutables. Car une lecture rapide de ce texte pourrait amener à conclure qu’il faudrait tous adopter des pseudonymes et la règle de l’anonymat pour continuer à s’exprimer sur l’École ou sur tout autre sujet ! 

Pour ma part, je voudrais m’élever contre cette conclusion. J’ai déjà eu l’occasion de dire et d’écrire à plusieurs reprises combien l’anonymat me semblait une plaie des réseaux sociaux et ne correspondre à aucune éthique ni même à aucune nécessité. La liberté d’expression des enseignants ne devrait pas se faire dans l’anonymat. C’est un enjeu politique.

(...)

Anonymat, pseudonymes et liberté d’expression.

En novembre 2015, j’écrivais un billet de blog « Twitter et les enseignants : du gazouillis au dégueulis ». Malgré la virulence des réactions, je n’en changerais pas une ligne. J’y déplorais l’agressivité qui régnait et règne encore sur les réseaux sociaux et particulièrement sur Twitter.

Et cette agressivité est souvent (pas toujours, mais très souvent) le fait de personnes anonymes s’abritant derrière des pseudos ou pire encore des comptes parodiques. L'argument de la "colère sociale" ou du mépris ressenti souvent évoqué pour justifier la virulence des propos est un argument facile et faible qui ne peut excuser toutes ces dérives.  La phraséologie qui consiste à se qualifier de « résistants » et emprunte un vocabulaire révolutionnaire parce qu’on fait un compte parodique ou qu’on insulte des collègues est indigne. Si l'anonymat était la règle pendant la Résistance ce n'était pas pour rigoler... Et ça n’a absolument rien à voir avec le système démocratique et globalement respectueux des droits dans lequel nous évoluons.

(...)

Philippe Watrelot

Le billet est à lire absolument dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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