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Vivement l'Ecole!

Revue de Presse Education... 4 jours - École de la confiance - Postes – Austérité ? - Rapports – Vacances – Butinages...

2 Juillet 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... 4 jours - École de la confiance - Postes – Austérité ? - Rapports – Vacances – Butinages...

EXTRAIT

Dernier (et ultime) bloc notes de l’année scolaire. Avec une actualité assez riche : le décret ré-autorisant les quatre jours de classe, les annonces du Ministre sur l’“école de la confiance”, les postes en CP d’éducation prioritaire, le bac, le brevet et quelques rapports et articles intéressants. Nous nous demanderons aussi si l’éducation est toujours "sanctuarisée" sur le plan budgétaire. De quoi dire et de quoi lire...

On terminera de manière plus personnelle par une réflexion sur l’avenir de ce bloc-notes. Bon courage pour la fin de l’année et bonnes vacances

Quatre jours

La semaine a été marquée par la publication le 27 juin du décret « relatif aux dérogations à l’organisation de la semaine scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires publiques ». Le journal Le Monde en offre un résumé rapide. Ce texte permet donc d’«  autoriser des adaptations à l’organisation de la semaine scolaire ayant pour effet de répartir les heures d’enseignement hebdomadaires sur huit demi-journées réparties sur quatre jours  ». Le texte fixe quand même des limites : pas plus de vingt-quatre heures hebdomadaires, pas plus de six heures par jour et trois heures trente par demi-journée, pas de modification du nombre d’heures d’enseignement sur une année scolaire, ni de modification de leur répartition. Toutefois, "ces dérogations peuvent s’accompagner d’une adaptation du calendrier scolaire national", ce qui signifie un possible raccourcissement des vacances. De fait, le décret permet surtout de revenir à la semaine de quatre jours et fait que, demain, différents tempos puissent se côtoyer d’une ville à l’autre, voire d’une école à l’autre. Le décret acte ainsi le troisième changement de rythmes pour les écoliers en neuf ans.

Pour compléter, on pourra aller voir l’audition de Jean-Michel Blanquer au Sénat par la commission Culture et éducation. On n’y parle pas de ce seul sujet mais il occupe une bonne partie du débat. En contrepoint, on pourra aussi visionner la réaction de la sénatrice Françoise Cartron qui a beaucoup travaillé et publié plusieurs rapports sur cette question.

Toujours sur ce sujet, dans son blog sur Mediapart, Claude Lelièvre reprend l’expression de "Munich pédagogique" utilisée en 2008 par Antoine Prost. Il y égratigne sévèrement le nouveau ministre, coupable de ne pas prendre ses responsabilités : «  Le décret que Jean-Michel Blanquer vient de signer sur les rythmes scolaires est digne non pas d’un Salomon mais d’un Ponce Pilate. C’est la « base », à condition d’être unie, qui choisira le retour à la semaine de quatre jours. Et l’irresponsable à la tête du ministère de l’Education nationale s’en lave les mains.  »

On a l’impression qu’avec cette réforme «  le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants »...! Cette expression est d’un certain... Jean-Michel Blanquer. Mais elle a été prononcé en 2010 à l’occasion d’une audition pour un rapport parlementaire sur les rythmes de vie scolaire et le passage à la semaine de quatre jours. JM Blanquer, alors Dgesco, évoque d’abord des journées de six heures « bien remplies, trop remplies », puis plus loin il déplore qu’avec le passage à quatre jours «  le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants ». Ce jugement prend une saveur particulière aujourd’hui. On peut cependant rajouter qu’avec les intérêts des adultes (parents et enseignants) on peut aussi voir des considérations financières et budgétaires aussi bien pour l’État que les collectivités locales.

Une autre conséquence de cette modification est peu évoquée, or elle n’est pourtant pas négligeable. La réforme des rythmes a "créé" à peu près 250.000 postes dans l’animation d’après les syndicats du secteur. Il est difficile d’évaluer l’impact que ce décret risque d’avoir en termes de suppression d’emplois. Ce sont certes des emplois précaires et souvent à temps partiel mais ils permettaient à certaines personnes de trouver des sources de revenu. On peut donc légitimement se demander si ce n’est pas un "plan social" (qui ne dit pas son nom) qui est en préparation ?

École de la confiance

L’interview de Jean-Michel Blanquer la plus intéressante de la quinzaine est à lire dans La Croix . Dans cet entretien il dit vouloir confier davantage d’autonomie aux acteurs éducatifs afin de bâtir « une école de la confiance  ». Il pourrait s’agir de permettre aux chefs d’établissement de recruter eux-mêmes sur des «  postes à profil  ». En corollaire, le ministre veut relancer des évaluations nationales, conçues comme un outil de pilotage. Il annonce aussi vouloir faire évoluer les missions des inspecteurs qui seront revues : «  Les inspecteurs rempliront une fonction de soutien plus que de contrôle » . « Plusieurs membres de l’inspection, spécialistes de différentes disciplines, analyseront ensemble la situation d’un établissement et aideront son équipe à formuler et mettre en œuvre un projet éducatif adapté », a-t-il ajouté.

L’école de la confiance selon Jean-Michel Blanquer, on la retrouve aussi dans une autre interview donnée à La Voix du Nord où il justifie le décret sur les rythmes ainsi : « il s’agit d’une philosophie que nous appliquons sur beaucoup de sujets : il est important de responsabiliser les acteurs, de laisser les communautés définir ce qui est bon pour elles.  »

On ne sait pas ce que pensent les enseignants et les élèves du collège Pierre-Ronsard à Tremblay en France de « L’école de la confiance  ». Mais quand on lit le reportage de L’Express on se dit que l’équilibre est fragile pour ne pas créer du découragement. Le magazine est retourné voir les enseignants et la direction de ce collège situé en éducation prioritaire un après un premier reportage au moment du démarrage de la réforme du collège . Aujourd’hui, malgré (ou à cause de) un « travail monstre », le bilan est « plutôt positif ». Les enseignants se sont saisis des dispositifs emblématiques de la réforme, l’accompagnement personnalisé (AP) et les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) et une dynamique s’est installée. Si le principal, prudent, estime que l’aménagement qui vient d’être officialisé par un arrêté « ne casse pas la dynamique », il souhaite aussi « assurer une stabilité du collège, sécuriser l’école et les professeurs, arrêter les changements de cap.  ». C’est à ce prix, celui de la stabilité et de la permanence de l’action, que l’école de la Confiance pourrait se construire.

(...)

Philippe Watrelot

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous:

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