Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron

Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette France qui se construit...

J'écris ces mots et ces phrases comme ils me viennent à l'esprit. La France que j'appelle "macronienne" ne me dit rien qui vaille et ne m'attire pas. Elle a le visage d'un pays que je ne connais pas et ne veux pas connaître.

Celui d'une grande bourgeoisie - ce n'est pas péjoratif - dictant au reste du "bon peuple" ce qu'il convient de penser, de dire, de faire. Celui d'une France urbanisée mais urbanisée autour de quatre ou cinq grands pôles dont évidemment Paris. Paris intra muros. Celui d'un espace fracturé mais artificiellement "rassemblé" par la seule volonté d'un discours présidentiel croyant pouvoir effacer les différences quand il faudrait au contraire les constater pour les réduire par l'action bien plus que par les mots ou les phrases simplistes et vidées de tout sens. Celui d'un champ politique dont on voudrait éliminer les clivages et le débat d'idées. Bruno Bonnell, candidat "La République En Marche" à Villeurbanne face à Najat Vallaud-Belkacem, n'affirmait-il pas, sans rire ou avec ce sourire des cyniques certains de leur triomphe : "Le débat entre la droite et la gauche c'est vintage". (Libération). 

"Vintage"... Comme si la politique devenait soudain un produit de consommation courante. 

Une France sans débat d'idées, aseptisée, qui commence déjà à mourir d'ennui. A mourir d'ennui et à souligner le danger qui s'annonce: celui d'une majorité présidentielle écrasante qui aura choisi, construit son opposition formée par la France Insoumise et le Front National. L'objectif tellement visible étant d'obtenir des victoires électorales grâce aux futurs millions de votes par défaut. Ceux-là même qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L'invention d'une "dictature douce".

Celui d'une France d'où la gauche serait absente. Je parle ici de la gauche de gouvernement, celle qui a, par le passé très récent, exercé le pouvoir avec courage et opiniâtreté, réussissant parfois, échouant parfois. La tragique absence - ou l'extrême rareté -  de ses représentants élus à l'Assemblée Nationale confirmerait alors mes craintes. La France ne serait plus celle qui a porté si haut la confrontation des idées, le débat raisonné et argumenté. Devrons-nous dire à nos élèves: "Plus de débat! Soyons dogmatiquement consensuels!"? 

Relisant récemment Spectrum de Perry Anderson, je fus arrêté par cette phrase : « L’art n’est vivant que si l’on se dispute à son sujet. » Il en va de même pour la politique... Sans dispute, point de vie...

Si la France d'Emmanuel Macron et de son parti - qui désormais en est un, quoi qu'il en dise - est celle qui imposerait aux français le concept de "la seule ligne possible", telle une évidence qu'il serait outrecuidant, voire blasphématoire, de nier, alors refusons absolument cette vision-là et combattons-la. Elle défigure Marianne!

Si la France d'Emmanuel Macron est celle qui imposerait à toutes et à tous le fait que seul le parti présidentiel est capable de défendre l'intérêt général, alors combattons cet "idéal" illustré par des des phrases aussi convenues que banalement médiocres :

"Il faut du renouvellement!". Qui n'est, si l'on y songe, que la variante édulcorée du "Virez-les tous" de Jean-Luc Mélenchon. Il existe parfois des complicités involontaires...

"Vous ne pouvez être objectifs puisque que vous appartenez à un parti!". Le "parti" étant LE repoussoir brandi par les militants marcheurs. Eux qui participent pourtant à la construction d'un ultra-parti...

"Le Président DOIT avoir une majorité pour appliquer les réformes". Oubliant que ce Président fut élu, non par consentement large, mais par l'apport de voix destinées uniquement à faire barrage au Front National. 

Si la France d'Emmanuel Macron est celle d'une école fabriquée pour les meilleurs et éliminant les plus faibles, oubliant jusqu'au principe d'éducabilité, revenant en - marche -  arrière pour appliquer de vieilles recettes ayant toutes échoué, passant à coté des enjeux véritables, autonomisant les collèges et lycées dans un ultra libéralisme dangereux, n'hésitant pas à tolérer des mouvements pour le moins douteux quant à leurs motivations laïques - je pense à Sens Commun, à Espérance Banlieues - alors luttons pied à pied contre cette politique-là...

Si la France d'Emmanuel Macron est celle de la pensée unique, autoritaire et sans contradiction possible, alors disons-le haut et fort. Sinon:

l'économie aura pris le pas sur la raison;

l'esprit d'entreprise triomphera de toute sagesse;

la rentabilité sera, même à l'école, partout la norme;

l'évaluation de tout, y compris de l'individu, sera le seul et redoutable instrument de mesure;

la bourgeoisie "CSP++++" détiendra les clefs du pouvoir et du savoir. Le sien.

Pour toutes ces raisons, j'appelle chacun et chacune à donner à la France une VERITABLE opposition, pour des débats d'idées, pour construire un pays aux sensibilités multiples et respectées !

Christophe Chartreux

Publié également ci-dessous

Partager cet article

Repost 0