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Vivement l'Ecole!

«Être impérial et colonial dans les années 1930, c’est être un bon Français»...

10 Juillet 2017 , Rédigé par Slate Publié dans #Histoire

L’historien Pascal Blanchard revient sur la fabrication de l’idée coloniale sous le IIIᵉ république, ou comment les républicains de gauche et de droite, mais aussi des anti-républicains, ont «vendu» les colonies aux Français.

Comment les conquêtes coloniales sont-elles peu à peu devenues le ciment de la société française?

Jusqu’en 1870, la France est un pays qui se construit surtout dans son hexagone, elle est en train de fédérer l’idée de nation, de citoyenneté et les frontières de son rayonnement. La question coloniale est certes présente, mais pas omniprésente, malgré la conquête de l’Algérie en 1830, et celle de plusieurs autres territoires, associés notamment sous le Second Empire aux vieilles colonies. Depuis la Révolution de 1789, la France essaie de bâtir ce qu’on pourrait appeler l’identité française. Et puis arrivent la défaite de Sedan (1870) et la nécessité de trouver une nouvelle forme de nationalisme et de grandeur de la France pour les tenants de la IIIe République naissante.

Au même moment, presque par un concours de circonstances, c’est l’apogée des empires coloniaux européens, c’est le moment où il y a une forme de concurrence entre la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Angleterre, l’Italie… aux côtés d’autres nations comme le Japon et les États-Unis. La France accélère les principes de colonisation posés à partir de 1830 avec l’Algérie: se bâtir un empire comme réponse à la frustration nationale et à la perte de l’Alsace-Lorraine.

Se fabrique alors une forme d’idéal national, de grandeur patriotique qui peut se construire ailleurs, dans les espaces coloniaux. La IIIe République, non sans de vrais débats, va engager une politique coloniale. Mais ce n’est pas parce que vous décrétez que l’idée impériale est une idée nationale et républicaine que cela se fait du jour au lendemain. La Première Guerre mondiale est un déclencheur absolu: c’est la preuve que l’Empire –grâce à ses richesses, mais surtout grâce aux combattants qui peuvent être mobilisés– permet de prendre sa revanche face à l’Allemagne, qu’il peut apporter une puissance économique à la Nation. Cela donne naissance à une nouvelle forme de nationalisme. La victoire de la Grande Guerre donne raison à ceux qui prônaient l’expansion coloniale.

À partir de 1920, les Français ont eu la preuve, par l’exemple, par la victoire dans le conflit, que l’Empire était une source de puissance et de gloriole nationale. L’Empire devient le territoire commun des républicains de gauche et de droite, mais aussi des anti-républicains (comme pour L’Action française), sauf les communistes qui vont s’engager dans l’anticolonialisme (notamment pendant la guerre du Rif, au Maroc). Les Français se mettent à penser les colonies comme un tout positif. Il n’y a presque plus débat sur la question, ni à droite ni à gauche.

(...)

Propos recueillis par Marina Bellot.

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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