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Vivement l'Ecole!

Quelle histoire de France faut-il écrire?...

11 Juin 2017 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Histoire

Leçon, Retour À L'École, L'Éducation

EXTRAIT

La campagne présidentielle a relancé le débat autour de la nécessite de réécrire le roman national. Heureusement, l'ouvrage «L’Histoire mondiale de la France» répond avec intelligence au défi de raconter notre passé dans toute sa complexité. Et notre quiz pour tester vos connaissances.

On est parfois atterré par la méconnaissance des politiques français quand ils parlent de l’histoire de France: comment peuvent-ils si souvent se réclamer d’une histoire qu’ils connaissent de manière si approximative? Jean-François Copé qui parle du pont d’Arcole en flammes ou bien de Robespierre comme d’un homme qui «guillotinait d’abord et parlait après»? Jean-Christophe Cambadélis qui parle de Valls et de Hollande comme l’épée et le bouclier, soit une comparaison utilisée par les défenseurs de Pétain pour décrire de Gaulle et le vieux maréchal? La liste tend vers l’infini.

Un sentiment de malaise de plus en plus renforcé depuis que, durant la campagne présidentielle, certains ont affirmé vouloir remettre le récit ou le roman national au goût du jour dans les écoles. Car à les en croire, si ce pays désespère, si de plus en plus de jeunes vivent dans la précarité, si les aînés ne se portent guère mieux, si la colère gronde et si un parti extrémiste de droite est arrivé au deuxième tour de la présidentielle, cela n’est pas à cause du chômage de masse, de l’échec des politiques économiques enchaînées par tous les gouvernements successifs depuis trente ans pour y remédier, des affaires de corruption qui touchent la classe politique ou de la déconnexion totale entre les élites et le peuple non! C’est parce qu’on ne parle plus de Clovis et de Voltaire à l’école, ce qui convenons-en est beaucoup plus grave –même si c’est totalement faux.

Une inévitable vision caricaturale?

Comment expliquer cette vision si caricaturale? Par la manière dont l’enseignement de l’histoire se fait? Certes, du primaire au lycée, les programmes d’histoire sont chargés et il faut aller vite –et tout le monde ne fait pas des études supérieures en histoire. L’enseignement de l’histoire avant l’université est-il pour autant caricatural? Certainement pas à en lire les programmes. Encore moins à en écouter un professeur d’histoire-géographie, Hervé V., interrogé à ce sujet:

«Avec des classes de 4e, par exemple, sur un sujet aussi complexe que la Révolution, on est forcément obligé de prendre des raccourcis. Mais cela ne signifie pas que l’on caricature. Quant à l’idée de faire passer un récit national en classe, cela n’a aucun sens. L’histoire est une science. Certes, on peut parsemer son cours d’histoires (avec un s), d’anecdotes, qui permettent aux élèves de se raccrocher à quelque chose. Mais sur la globalité, un cours ne saurait être un récit, même s’il convient naturellement de le structurer et de lui donner un fil conducteur.»

Renouer d’une autre manière avec le récit et la chronologie, c’est l’audacieux pari d’un livre sorti l'an dernier et qui a fait grand bruit, L’Histoire mondiale de la France, sous la direction de Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, spécialiste de l’histoire médiévale. Reprenant le canevas classique de la chronologie, il se propose d’offrir ce qui se fait de plus avancé en matière de recherche historique. Le format: 10.000 signes par notice, une date, un événement recontextualisé, exposé, révisé par une ou un spécialiste du sujet car l’époque où une seule personne pouvait prétendre écrire seul une histoire complète de la France est totalement révolue – sauf pour l’immense Lorant Deutsch, bien sûr.

(...)

Antoine Bourguilleau

La suite est à lire en cliquant ci-dessous

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