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Vivement l'Ecole!

Que nous dit la novlangue macronienne?...

18 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Vocabulaire

Résultat de recherche d'images pour "mots"

Quelques mots et expressions sont apparus et réapparus dans le "paysage langagier" depuis qu'Emmanuel Macron a annoncé sa candidature à la présidence de la République.

Sa campagne fut ponctuée de discours se caractérisant surtout et même exclusivement par le souci de ne rien dire. Et ne rien dire par le discours est un art. Emmanuel Macron, en la matière, a révélé des talents uniques. Grand bien lui en a fait puisque, seul le résultat comptant, il est désormais pour cinq ans locataire du bureau présidentiel au Palais de l'Elysée.

Les candidats aux législatives ont bien retenu la leçon de "Jupiter". Frappés par la foudre et tétanisés par l'extase, ils marchent sur les pas de leur "dieu" en utilisant les mêmes méthodes. Pourquoi pas? Puisque cela semble fonctionner sur une partie de l'électorat. Et tant pis si celle-ci ne représente que 13 à 15% des électeurs inscrits. Là encore, seul le résultat compte. L'Assemblée Nationale réservera bientôt au Président un véritable triomphe romain.

Tous ont utilisé ces étranges formules du candidat Macron, formules qu'il faut ici rappeler, à défaut d'en expliquer le sens puisque le plus souvent l'objectif de l'utilisateur de ces formules "magiques" est de ne surtout pas se faire trop comprendre.

Tout d'abord un petit florilège messianique qu'il est inutile de commenter:

"La solution est en nous"!

" Nous pouvons nous réconcilier avec nous-mêmes";

(Il faut que ) "nous croyions en l'espérance" (sic);

(Il ne faut) "laisser personne sur le bord du chemin";

(Il faut) "semer sur toutes les terres";

et bien entendu le célébrissime:

"Il faut nous mettre en marche".

Comme l'a trés justement observé Cécile Alduy, professeure à Stanford et auteure de "Ce qu'ils disent vraiment. Les politiques pris aux mots" (Seuil, 2017):

"Prédicateur, apôtre de la 'bienveillance', les bras en croix, il motive ses ouailles à se dépasser, s’engager dans la voie d’un salut individuel et collectif à coup d'injonctions aussi vagues que séduisantes."

Les mots et expressions sont répétés par chaque candidat EnMarche! , répétés jusqu'à ce que l'oreille de l'électeur, saturée, permette au cerveau d'établir les liens immédiats et réflexes entre eux et La République En Marche (LREM). Car c'est toute la société française qui est appelée à "marcher". Ni aux sons des trompettes, ni aux sons des canons, ni même au pas cadencé... Non .. Seulement bercée, hypnotisée, séduite, captée par le vocabulaire dont voici les occurrences les plus fréquentes:

"Je viens de la société civile";

"Ni droite ni gauche";

"La fin des clivages";

"Le Président jupitérien";

"La verticalité mais le souci de l'horizontalité";

"Les outsiders" versus "les insiders";

"L'énergie";

"Faire émerger";

"Evaluation" (Nous allons beaucoup évaluer... Et être évalués);

"Autonomie" (par exemple celle des établissements scolaires; entendre "autonomie des personnels de direction". Car il faut TOUJOURS entendre autre chose derrière le vocabulaire macronien. Ceux qui ne font pas cet effort, par distraction, par paresse ou par manque d'informations, entendent le mot, adhèrent à l' "impression" et...marchent!

"Une vision";

"Grand récit";

"Mobilité"...

Emmanuel Macron aime aussi faire preuve d'originalité en revivifiant des expressions anciennes:

"Galimatias"

"In peto"

"Perlimpinpin"

"Derechef"

Tout ce vocabulaire, macronien, puis "EnMarche!" par l'intermédiaire des candidats aux législatives, fait sens. Mais pas, surtout pas, celui d'un projet, pourtant affirmé par le mot "projet":

"Parce que c'est mon projet!!!!!!!" hurla-t-il un jour.

Mais seul le MOT fut prononcé. Les journalistes, à chaque discours distillé au compte-goutte, attendait d'entendre le mot se "remplir" d'idées et propositions. Ce ne fut que très rarement le cas. Et toujours sur des thèmes très consensuels.

Emmanuel Macron et ses "clones" commentent leur posture, leur candidature respective sans jamais parler de leur "projet". D'où les difficultés observées sur de très nombreux plateaux des candidats "EnMarche!", incapables de répondre aux questions précises des journalistes, incapables de présenter des idées concrètes et refusant in fine de débattre tant la tâche s'avère pour eux absolument impossible.

Emmanuel Macron est un marcheur qui décrit son pas mais en aucun cas ne dévoile ses buts véritables. "Regardez comme je marche bien! Suivez-moi! Marchons ensemble!"

Point...

Le projet Macron peut se résumer en un mot, un seul:

Macron!

Et un seul peut résumer sa politique:

Personnalisation!

Christophe Chartreux

A lire:

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