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Vivement l'Ecole!

LREM, des candidats loin d'être exemplaires...

7 Juin 2017 , Rédigé par Médiapart Publié dans #Politique

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EXTRAIT

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Dans la campagne d’Emmanuel Macron, l’adversaire de Najat Vallaud-Belkacem à Villeurbanne (Rhône), proche du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, a joué un rôle pivot. L’ex-patron d’Infogrames et Atari, apôtre médiatique de la « Robolution » – la révolution du travail et de l’économie par les robots, un concept déposé à l’Inpi qu’il décline à toutes les sauces – a été un soutien de la première heure du candidat d’En Marche! et le référent du parti dans le Rhône… mais aussi, de l’aveu même de l’entourage de Macron, un précieux rabatteur de dons privés : il a ainsi organisé deux événements privés à Lyon début février, un dîner et un cocktail, en marge du meeting d’Emmanuel Macron à Lyon.

Selon un jugement de divorce du tribunal de Lyon de 2011, ce patron souvent cité en modèle, interlocuteur de tous les ministres de l’économie, a pourtant « entièrement restructuré son patrimoine, y compris en utilisant judicieusement un endettement qui pourrait être qualifié de colossal, afin d'éluder l'impôt de solidarité sur la fortune d'abord et l'impôt sur le revenu ». Il a par ailleurs été sanctionné par l'Autorité des marchés financiers, le gendarme de la Bourse.

L'affaire remonte à quelques années. En 2007, Bonnell est « viré » avec fracas d’Infogrames, société aujourd’hui en liquidation judiciaire. Le 16 janvier 2008, Infogrames est condamné à verser 40 000 euros à l’Autorité des marchés financiers (AMF). Bonnell n’est plus patron, mais c’est bien sa gestion qui est visée. Selon la décision, toujours accessible en ligne, l’AMF estime qu’entre juin 2003 et juin 2004, Infogrames Entertainment, « représentée par son directeur général d’alors, M. Bruno Bonnell », a « artificiellement fait varier le cours de son titre » en achetant et revendant des paquets d’actions, sans que l’AMF n’en soit informée. Des écoutes ont prouvé que le trésorier d’Infogrames a demandé à l’intermédiaire financier Natexis Bleichroeder de « soutenir de manière artificielle les cours, afin de favoriser la réalisation par Infogrames de cessions d’actions hors marché, effectuées les mêmes journées ». Des agissements contraires à plusieurs règlements, juge l’AMF. Sollicité par Mediapart, Bonnell dénonce un « excès de zèle » du régulateur et assure que les opérations étaient destinées à « défendre le titre », alors attaqué sur les marchés.

« Navya Inc. » a été déposée au Delaware par une société dont Bonnell préside le conseil de surveillance © DR
 
« Navya Inc. » a été déposée au Delaware par une société dont Bonnell préside le conseil de surveillance © DR

Bonnell, qui incarna le patron intraitable dans l’éphémère version française de The Apprentice, le show télé qui fit connaître Donald Trump aux États-Unis, est par ailleurs propriétaire de deux sociétés, BB26 et Navya, basées dans le paradis fiscal du Delaware, petit État de la côte est des États-Unis qui compte plus d'entreprises que d’habitants. Et pour cause : les taxes y sont inexistantes, aucune activité réelle n’est exigée et le nom des propriétaires des sociétés n’est pas demandé. Le Delaware est donc impliqué dans toutes sortes de montages financiers permettant aux sociétés du monde entier d’éluder fiscalement des milliards de capitaux. Bonnell prie pourtant de croire que dans son cas, « tout est transparent ».

Comme le confirme un document financier de l’époque, BB26 LLC (une SARL) a été créée en 2007 par Atari quand il a été débarqué. Un prêt d’un million d’euros lui a même été accordé par son ancienne entreprise pour lancer une activité dans la robotique et les jeux online. Mais Bonnell a dû rentrer précipitamment des États-Unis à cause d’un drame familial et n’a jamais lancé son activité. Il admet ne s’être ensuite « jamais occupé » de fermer la société. L’autre entité que nous avons découverte, Navya Inc., a été créée par la société du même nom, un fabricant de véhicules sans chauffeurs dont il préside le conseil de surveillance. « Il s'agissait de protéger la marque. Le Delaware n’est pas qu’un paradis fiscal, c’est aussi un lieu où l’on peut monter des sociétés rapidement. » Et surtout, dans la plus grande discrétion.

(...)

Par Mathieu Magnaudeix (avec Antton Rouget et Louise Fessard)

La totalité de l'enquête Médiapart est à lire ci-dessous

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