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Vivement l'Ecole!

Classes de CP à douze élèves : une réforme à marche forcée...

24 Juin 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

Enfant, L'École, Jeune Fille, Enfants

EXTRAITS

Manque de locaux, professeurs difficiles à trouver : l’application, dès la rentrée, de cette promesse de campagne du candidat Macron tourne au casse-tête.

Sur le papier, la promesse était séduisante. Le candidat Emmanuel Macron s’était engagé à réduire à douze le nombre d’élèves dans les classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, au nom de la lutte contre l’échec scolaire et les inégalités. Mais, à l’heure où se prépare la rentrée de septembre, la mise en œuvre de la réforme se révèle être un casse-tête, voire une application au forceps à certains endroits. Deux difficultés se posent : comment trouver des salles disponibles dans les écoles concernées ? Et à quels enseignants faire appel ?

(...)

Première difficulté : les locaux. Car, pour dédoubler les CP, il faut multiplier le nombre de salles de classe par deux. C’est l’affaire des communes. « En ce moment, les maires cherchent des solutions », rapporte David Constans-Martigny, conseiller à France urbaine, une association d’élus de grandes villes. Dans 70 % des cas, les écoles concernées disposent d’espaces disponibles : des salles d’arts plastiques ou d’informatique, par exemple, qui seront transformées en salles de cours à la rentrée. Ailleurs, on réfléchit à installer des préfabriqués. Ou bien à affecter deux classes de douze élèves dans la même salle, avec ou sans rideau au milieu.

Marseille a choisi cette option. « J’ai proposé de mettre en place des cloisons mobiles pour couper les salles en deux : douze élèves d’un côté, douze élèves de l’autre, explique Danièle Casanova, adjointe au maire de Marseille chargée de l’éducation, qui a comptabilisé plus de 120 classes de CP à dédoubler. Ce n’est pas la panacée, mais c’est la solution qui nous permet de répondre rapidement à la demande gouvernementale. » A Paris, la mairie pourrait jouer sur deux tableaux : sur les 52 classes de CP à dédoubler, 34 seront physiquement divisées en deux ; les 18 autres se partageront la même salle. Mais sans paravent, semble-t-il.

Seconde difficulté : trouver des enseignants. L’affaire, cette fois, de l’éducation nationale. Ici ou là, les recteurs puisent dans leur vivier de remplaçants ou remettent en question des ouvertures de classe prévues à la rentrée – ce qui conduit, de facto, à gonfler les effectifs dans les classes autres que le CP. Surtout, M. Blanquer a beau assurer qu’il n’entend pas « casser le dispositif “plus de maîtres que de classes” », ce sont bien ces enseignants surnuméraires qui risquent de payer la facture.

Emblématique de la politique éducative de François Hollande, ce dispositif, mis en place en 2013, consiste à affecter un maître supplémentaire en renfort dans les écoles. Les « maîtres plus » interviennent à différents niveaux – de la maternelle au CM2 –, selon les besoins. En classe, ils peuvent passer dans les rangs pour aider les élèves en difficulté, prendre en charge un petit groupe, coenseigner avec leur collègue… Il existe, pour l’heure, quelque 3 200 postes affectés au dispositif qui s’applique principalement en ZEP ; près de 5 000 étaient prévus à la rentrée. « Dans les départements qui ont peu de réseaux d’éducation prioritaire, donc peu de CP à dédoubler, les directions académiques trouvent parfois les moyens de limiter les dégâts. A l’inverse, dans les départements où il y a beaucoup de REP+, on constate une remise en cause brutale du dispositif », rapporte Adrien Ettwiller, du SGEN-CFDT.

En Seine-Saint-Denis, département mobilisé vendredi, les 113 postes de « maître plus » en REP+ pourraient être entièrement mis à contribution pour parvenir à dédoubler les 230 classes de CP dans ces réseaux, à la rentrée. Même chose dans le Rhône, où 84 postes de « maître plus » seront « redéployés », selon Camille Bastien, du SNUipp-FSU départemental « Pour nous, c’est la double peine, estime-t-elle. Non seulement on perd nos maîtres plus, mais on va voir nos effectifs grimper dans les autres classes et la brigade de remplacement diminuer. On ne peut pas accepter une mesure qui défavorise tous les autres élèves ! »

(...)

Aurélie Collas

L'article complet (pour abonnés) est à lire en cliquant ci-dessous

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