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Vivement l'Ecole!

Bayrou, l'homme qui parle à tort et à travers... Par Claude Lelièvre...

14 Juin 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

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Sa réplique au Premier ministre laisse pantois. Mais on ne devrait pas s'en étonner outre mesure si on se rappelle d'autres épisodes où François Bayrou s'est montré pour le moins très approximatif et véhément, prenant la posture de celui qui monte sur ses grands chevaux (mais n'est pas Henri IV qui veut...).

L'épisode le plus significatif et le plus récent est sa charge cavalière contre une réforme de l'orthographe qui aurait été initiée par la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. François Bayrou dans le JDD du 6 février 2016 : « Il devra se lever tôt, le ministre qui voudra m'obliger à écrire il paraît sans accent ou le gouvernement amoncèle les bêtises, au lieu de amoncelle comme nous avons appris à le faire. Il voudrait que j'écrive à sa convenance. Je continuerai à écrire à la mienne […]. Il n'est pas né celui qui m'obligera à écrire combattif avec deux t. J'ai bien l'intention au contraire de demeurer, contre ces cuistres, combatif à ma manière, et à continuer mon persiflage avec un seul f ».

Un « morceau de bravoure » comme les aime le Béarnais ! Mais si seulement il savait lire et rester à sa place (en place)... Car François Bayrou a montré ainsi son ignorance honteuse des indications contenues dans les programmes scolaires de 2008 (lorsqu'un professeur de lettres classiques comme lui -Xavier Darcos -était ministre de l'Education nationale, comme lui). Pour l'école primaire, la page 37 du Bulletin officiel de l'Éducation nationale hors-série no 3 du 19 juin 2008 pose en effet comme principe que :« L’orthographe révisée est la référence ». Pour le collège, la page 2, section « Orthographe », du Bulletin officiel de l'Éducation nationale spécial no 6 du 28 août 2008 indique que  « Pour l’enseignement de la langue française, le professeur tient compte des rectifications de l’orthographe proposées par le Rapport du Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française (Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990) ».

Mais il ne faut pas non plus compter sur lui pour qu'il sache compter avec quelque rigueur. L'approximation fait partie de son environnement ou plutôt de son monde. C'est ainsi que François Bayrou peut rester « radicalement au centre » (certains diraient : à l'aise dans son ''égocentrisme'').

Il a été longtemps, on le sait, le champion auto-proclamé de la ''lutte contre l'illettrisme''. Le Bayrou vantard du mois de mai 1993 (il vient d'être nommé ministre de l'Education nationale) : «il faut engager une politique ambitieuse pour réduire de moitié en cinq ans le nombre d'enfants – 30% actuellement- qui ne savent pas comment lire et comprendre un texte simple » (« Le Monde » du 3 mai 1993). Le Bayrou approximatif, du même mois de mai 1993  : « il n'est pas acceptable qu'un enfant sur cinq, sur quatre ou sur trois, ne sache pas lire en sortant de l'école » (au congrès de la Fédération de parents d'élèves PEEP du 20 mai 1993). Le Bayrou piteux, quatre ans plus tard : A la journaliste du « Monde » qui lui demande le 8 mars 1997 : « Qu'est-il advenu de votre objectif de diminuer de moitié en cinq ans le pourcentage d'élèves qui entrent en sixième sans savoir lire ? », le ministre de l'Education nationale François Bayrou répond en adoptant un profil très bas : « J'espère que les changements intervenus dans les programmes et dans l'organisation de l'école ont un peu amélioré les choses. Je n'ai pas réussi à faire naître le grand débat qui est le préalable à tout progrès ».

Mais avec son goût prononcé pour l'amplification et l'approximation afin d'avoir ses aises au ''centre du centre'', François Bayrou n'hésite pas à accuser, vingt-quatre ans plus tard (le 3 novembre 2014, sur France Info) : « les enfants n'apprennent pas à lire pour 30 à 40 % d'entre eux ».

Incorrigible ! «Vous avez dit bizarre ? ». « Comme c'est bizarre ! »

Claude Lelièvre

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