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Vivement l'Ecole!

Plus de maîtres que de classes : à peine éclos, déjà supprimé ?...

19 Mai 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogoques Publié dans #Education

Ce n'était plutôt pas mal un discours DE GAUCHE!

Ce pays a besoin de gauche!

Christophe Chartreux

 

Sur Twitter, on a vu fleurir et se propager la balise #PDMQDC. Derrière ce sigle se cache le dispositif «  Plus de maîtres que de classes  » et derrière sa multiplication sur le réseau social, la crainte de voir disparaître l’initiative sous le coup de la succession présidentielle. Charlotte Bruno et Nabila Errami, deux «  maîtresses supplémentaires  » nous racontent la vie au quotidien du dispositif, qui, s’il passait à la trappe, serait une illustration de plus des réformes de l’éducation qui se succèdent sans que les fruits de la précédente ne soient arrivés à maturité.

Charlotte est enseignante depuis sept ans. Après un poste dans une classe unique en milieu rural, elle a intégré depuis trois ans une école bretonne en réseau d’éducation prioritaire en tant que maîtresse supplémentaire. Nabila enseigne depuis douze ans, elle aussi est passée par une école rurale puis a exercé en REP. Elle intervient pour «  plus de maîtres que de classes  » à Pau depuis l’an passé. Elles ont fait toutes les deux la demande auprès de l’inspection, lettre de motivation à l’appui, pour ces postes à profil.

Le dispositif découle de la loi sur la refondation de l’école. Initié à la rentrée 2013, il vise «  en premier lieu à prévenir les difficultés d’apprentissage des élèves ou à y remédier si certaines sont déjà installées, pour leur permettre de maîtriser les compétences indispensables à l’acquisition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture  ». Il est mis en place «  dans les zones les plus fragiles en prévenant la difficulté scolaire et en permettant de nouvelles organisations pédagogiques au sein même de la classe  ». Ainsi est décrit le cadre sur le site du ministère de l’Éducation nationale. Il laisse sur le terrain vivre des initiatives variées, adaptées au contexte et ciselées au fil du temps par les équipes pédagogiques.

«  Les modalités sont définies en équipe de cycle ou avec l’enseignant de la classe en fonction de l’objectif et du profil de la classe  », explique Charlotte. Elle intervient principalement en cycle 2, parfois en cycle 3, beaucoup sur l’apprentissage de la lecture, les stratégies, la compréhension qui y sont liées. Elle le fait lors de créneaux fixés à l’avance dans l’emploi du temps. Nabila exerce dans une école plus importante, composée de treize classes. Elle le fait dans toutes les classes même auprès des tous petits en début d’année pour faciliter leur entrée dans la scolarité. Leurs modalités d’intervention sont variées, du travail en petit groupe au co-enseignement.

Il faut du temps

«  Au début, assez spontanément, on travaillait en petits groupes puis progressivement, on a appris à se connaître, à travailler ensemble. Il faut du temps pour ouvrir la porte de sa classe. On a fonctionné de plus en plus en co-enseignement. Plus on co-enseigne, plus on se rend compte que c’est bénéfique pour les élèves et pour nous  », raconte Charlotte. Elle voit dans cette animation à deux, la possibilité de réfléchir ensemble sur les pratiques pédagogiques en préparant la séquence, en l’animant, en l’analysant. «  On parle de pédagogie, de didactique, de posture, ce que l’on fait peu entre enseignants lorsqu’on est seul dans sa classe.  »

Nabila, cette année, travaille avec trois collègues de cycle 3 en décloisonnement : «  Je leur ai proposé cette organisation pendant les vacances d’été, elles ont accepté.  » De huit heures trente à dix heures, les classes sont mélangées par groupes de besoins. L’idée est allée plus loin, au-delà des créneaux de français et de maths auxquels elle contribue. Le fonctionnement est collaboratif avec une mutualisation des supports pour toutes les disciplines, un partage qui permet une continuité des apprentissages pour les élèves et une conjonction des compétences pour les professeures. L’idée du décloisonnement a été adoptée par deux enseignants de CP pour un projet scientifique. «  Nous sommes là pour être au plus près des élèves, développer des compétences que les élèves ne pouvaient acquérir en classe entière. Mais nous permettons aussi d’envisager des projets qu’on ne peut mener seul dans sa classe.  »

(...)

Monique Royer

Et la suite est à lire en cliquant ci-dessous

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