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Vivement l'Ecole!

Macron propose des rythmes scolaires à la carte : et les enfants ?...

11 Mai 2017 , Rédigé par L'obs Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAITS

Les associations d'enseignants et de parents d'élèves regrettent qu'Emmanuel Macron souhaite déjà revenir sur une réforme qui commençait tout juste à porter ses fruits.

C'est une proposition des plus macroniennes. Plutôt que de maintenir ou d'abroger la réforme des rythmes scolaires de 2013, clivante, le président élu veut laisser le "choix" aux communes d'en faire ce qu'elles souhaitent. 

Ce sera donc à la carte : revenir à une semaine de 4 jours – instaurée sous Nicolas Sarkozy –, rester à 4,5 jours en les aménageant ? Le choix des communes devra être connu en 2019. En attendant, "un décret sur la liberté des communes" publié cet été doit permettre à celles qui le souhaitent de changer de formule dès la rentrée 2017.

(...)

Les enfants au second plan

Mais la réforme de la réforme proposée par Emmanuel Macron n'apaise pas vraiment le débat. "C'est un très mauvais signal", estime même Liliana Moyano, la présidente de l'association de parents d'élèves FCPE. Pour elle, "l'angle de vue de ce projet est simplement financier, Emmanuel Macron s'adresse aux maires sans prendre en compte l'intérêt des enfants".

Les données sur l'impact de ces nouveaux rythmes sur les enfants et les apprentissages manquent, car ils sont trop récents : aucun enfant n'a fait toute sa scolarité avec ce système. Dans une lettre ouverte adressée en avril aux candidats à la présidentielle, François Testu, chronopsychologue et président de l'Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes (Ortej) dressait toutefois un "bilan positif" de la réforme, pour ce qui était des rythmes des enfants.

La lettre reprenait les conclusions d'une étude menée à Arras par l'Ortej. Pour les chercheurs, le nouvel aménagement du temps scolaire ne rend pas les enfants moins attentifs et ne troublent pas leur sommeil. Une réponse aux critiques portant sur le niveau de fatigue des enfants.

Francette Popineau, porte-parole du syndicat d'enseignants SNUipp, n'est pas plus convaincue :

"On réitère les erreurs produites sous Peillon. Ce qui devrait être central, le rythme des enfants, passe au second plan, derrière les questions organisationnelles et financières."

Elle craint que la "liberté" laissée aux communes ne crée "un système à deux ou trois vitesses", certaines renonçant aux activités périscolaires pour des raisons financières.

(...)

Les maires partagés

Christian Schoettl, maire de Janvry (Essonne) était un des maires les plus réfractaires à la réforme en 2013. Il se réjouit pour sa part d'avoir désormais le choix de revenir en arrière. Et l'argument n'est pas financier, il l'assure : "Quatre jours et demi, c'est juste trop lourd pour les enfants. Mais on conservera certaines activités périscolaires comme les cours d'anglais." Dans les communes alentours, nous dit-il, "certains maires disent que le rythme a été trouvé, qu'ils vont le garder".

Agnès Le Brun, maire (LR) de Morlaix et rapporteure Education de l'Association des maires de France, salue elle aussi les "bonnes intentions" du président Macron... Mais – car là aussi, il y en a un –"la question doit s'engager sur les moyens financiers", prévient-elle :

"Comment vont faire les maires qui souhaitent maintenir les rythmes tels qu'ils sont ? Le problème reste le même qu'aujourd'hui. Nous n'avons pas de réponse."

A Morlaix, où "ça ne se passe plutôt pas mal" dans les écoles, elle compte consulter avant de prendre une décision sur la question. Et souligne que, tout de même, "prendre un décret en août pour une application en septembre, c'est faire montre d'une assez mauvaise connaissance des collectivités". Même sans trancher, rien n'est gagné.

Agathe Ranc

A lire dans son intégralité ci-dessous

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