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Vivement l'Ecole!

La jeune ministre a tenu bon la rampe... Par Claude Lelièvre...

1 Mai 2017 , Rédigé par Claude Lelièvre Publié dans #Education

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Najat Vallaud-Belkacem a été la première femme à être nommée ministre de l’Education nationale, jeune qui plus est (la plus jeune après Jean Zay, le ministre du Front populaire) ; et c’est peu dire qu’on l’attendait  »au tournant ». Et cela d’autant plus – en ces temps troublés voire troubles – qu’elle était issue d’une famille marocaine musulmane.

Eh bien, on peut dire qu’elle a fait face (en dépit de rumeurs multiples et insistantes qui ont commencé dès son arrivée), avec un grand calme le plus souvent et beaucoup de détermination et d’engagements publics. Les difficultés n’ont pas manqué : un contexte politique où le gouvernement était en perte de confiance ; et des secteurs ou domaines scolaires très délicats à  "refonder", en particulier redéfinir les programmes de l’ensemble de la scolarité obligatoire et réformer le collège.

Le collège est historiquement le lieu des tensions maximum de toutes sortes du  "système éducatif ". Il est l’occasion de turbulences médiatiques très fortes lorsqu’on tente effectivement de traiter le problème qu’il pose (par exemple, à sa façon, René Haby lors de la création du  "collège unique") et non de faire semblant (genre dans lequel se sont illustrés bien des ministres de l’Education nationale…). On peut noter, entre autres, Claude Allègre qui s’était chargé personnellement d’une  »réforme des lycées » et d’une  »Charte du primaire », mais s’était défaussé du  »cactus du collège » sur sa ministre déléguée aux Enseignements scolaires – Ségolène Royal – qui elle-même n’avait trouvé rien de mieux que de noyer les problèmes centraux à résoudre dans une annonce d’une quarantaine de mesures dont personne ne se souvient aujourd’hui…

Cela n’a pas été le choix de Najat Vallaud-Belkacem : quel que soit soit le sort qui leur sera réservé dans le futur, on se souviendra en particulier de la mise en place de classes bilingues pour tous dès la cinquième et surtout de l’institution des EPI ( enseignements pratiques interdisciplinaires).

Sur le plan  "programmatique", la jeune ministre a dû faire face à des détournements voire à des emballements médiatiques créés de toute pièce (avec pour arrière fond de soi-disant  »crédibilité » son origine familiale arabe musulmane). On peut citer – entre autres – les polémiques sur la présence de la religion musulmane dans le programme d’histoire de la classe de cinquième (alors qu’elle figure en bonne place là depuis au moins le début de la cinquième République) ; ou bien encore les déclarations réitérées sur une prétendue obligation de l’apprentissage de l’arabe en CP , en lieu et place de l’importance de l’enseignement de la langue française. Cerise sur le gâteau (mais qui n’est pas sans lien si l’on y songe), une prétendue réforme de l’orthographe initiée par la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem (emballement médiatique qui a tenu la France en haleine durant deux semaines…), alors qu’il s’agissait de mesures évoquées une trentaine d’années plus tôt (sous l’égide de Michel Rocard), reprises dans les nouveaux programmes de 2008 (sous le ministère de Xavier Darcos) et finalement d’intégrer tout simplement ces anciennes recommandations dans les nouveaux manuels scolaires.

En dépit de ces turbulences (finalement surmontées, mais non sans difficultés ou sans  "casse") le fait est là ; et il est advenu sans drames majeurs (ce qui a pour effet qu’il est passé médiatiquement presque inaperçu) : pour la première fois dans notre histoire scolaire, les programmes de la scolarité obligatoire – depuis le cours préparatoire jusqu’à la troisième – ont été pensés ensemble, toutes disciplines confondues, par cycles successifs de trois années . Un beau travail mené sous la houlette du Conseil supérieur des programmes présidé par Michel Lussault. Et cela-même devrait assurer un net progrès dans la continuité et la cohérence des progressions, ainsi que dans leur faisabilité. On n’en parle pas beaucoup, mais cela devrait être porté en premier lieu au crédit de Najat Vallaud-Belkacem, non seulement en raison de son importance et de sa nouveauté historique, mais aussi parce que c’est elle qui a tenu bon (en pleine conscience des risques encourus) pour que cela se fasse d’un coup, en même temps (et non pas par vagues successives, comme il a pu lui être conseillé). Chapeau l’artiste !

Claude Lelièvre

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