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Vivement l'Ecole!

L’école française est-elle vraiment la championne des inégalités?...

31 Mai 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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EXTRAITS

Si les inégalités sociales restent marquées, l’école joue toujours un rôle d’émancipation pour les classes populaires, explique Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Et si l’école française n’était pas cette machine à amplifier les inégalités que, d’une enquête à l’autre, la société tout entière en vient à pointer du doigt ? Dans la partie de son rapport consacrée au système éducatif, divulgué mardi 30 mai, l’Observatoire des inégalités prend le contre-pied du refrain dominant ; le contre-pied, aussi, des « leçons » du Programme international de suivi des acquis des élèves (PISA). Dans le PISA concernant les élèves de 15 ans, développé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France fait figure de mauvaise élève en matière de justice sociale et scolaire. Et même de « championne » des inégalités.

(...)

... en 2013, en France, moins de 10 % des 18-24 ans ont quitté l’école prématurément. Un niveau comparable à celui de l’Allemagne et « bien en dessous de la zone euro » (13,1 %), de l’Italie (17 %) ou encore de l’Espagne (23,6 %). En matière de reproduction sociale, le rapport prend appui sur la base de données Eurostat : si l’on considère les enfants des parents peu diplômés, 22 % sont eux aussi peu diplômés en France, contre 34 % en moyenne dans l’Union européenne. Parmi les grands pays, seul le Royaume Uni ferait mieux (16 %).

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... « L’école française remplit toujours son rôle, essentiel, d’émancipation des catégories populaires, justifie M. Maurin. Mais les inégalités se sont déplacées de l’obtention du bac au type de bac obtenu, et, surtout, vers l’enseignement supérieur. »

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Mais c’est dans l’univers des grandes écoles que les inégalités demeurent les plus criantes, sans évolution depuis une trentaine d’années : 50 fois plus d’enfants de cadres que d’enfants d’ouvriers à Polytechnique, 20 fois plus dans les Ecoles normales supérieures, 4 % d’enfants d’ouvriers et employés à l’ENA, contre 69 % d’élèves issus de familles de cadres supérieurs… Les écarts sont vertigineux. Les rapporteurs étrillent au passage les filières « égalité des chances », développées par les grandes écoles – notamment à Sciences Po – depuis une vingtaine d’années pour s’ouvrir socialement.

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Pierre Mathiot le reconnaît et le regrette : les programmes d’égalité des chances ne bénéficient, jusqu’ici, qu’à un nombre marginal de lycéens. Louis Maurin le dit autrement : « Notre système reste calqué sur la culture et les valeurs de milieux favorisés qui pèsent de tout leur poids pour éviter toute modernisation. »

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