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Vivement l'Ecole!

Chomsky, les mots du pouvoir...

11 Mai 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Philosophie, #Linguistique

Résultat de recherche d'images pour "Noam Chomsky Comprendre le pouvoir Edité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel."

EXTRAITS

Père de la linguistique moderne, inlassable activiste et pourfendeur du néolibéralisme, le penseur américain réunit trente ans d’écrits politiques et prises de position contre l’endoctrinement étatique.

On peut admettre que le déterminisme familial existe, peu ou prou, et que, parfois, il fait assez bien les choses. William (Zev) Chomsky, pour éviter d’être enrôlé dans les armées tsaristes, fuit la Russie en 1913 et émigre aux Etats-Unis. C’est un homme de culture et de science, un pédagogue, qui consacre ses recherches à l’hébraïsme et à la langue hébraïque médiévale. Elsie Simonofsky est née en 1903 à Bobruisk, près de Minsk, aujourd’hui capitale de la République de Biélorussie. Elle a juste 1 an lorsqu’elle arrive avec sa famille à New York. Elle est professeure au Gratz College de Melrose Park, Pennsylvanie, l’institution d’éducation juive la plus prestigieuse, dont, chargée de la formation des maîtres, elle est l’une des figures majeures.

Mariés, William et Elsie travaillent ensemble à l’école Mikveh Israel puis au Gratz College. William écrit beaucoup, publie de nombreux ouvrages, dont Hebrew, the Eternal Language (1957), et acquiert une telle notoriété intellectuelle qu’à sa mort, en 1977, le New York Times le salue comme «l’un des tout premiers grammairiens de l’hébreu du monde». Elsie préfère rester dans l’ombre, y compris celle de son mari : elle est plus austère que lui, mais beaucoup plus engagée dans l’activité militante et les luttes sociales.

(...)

«Organiser la mobilisation»

Ce que le linguiste américain dit du contrôle social, en prenant acte de la progressive disparition des modes de «représentation» traditionnels, syndicaux ou politiques, semble au contraire d’une grande actualité. Il critique en effet le socialisme autoritaire, les types de gouvernements «éclairés» et les autres organisations constituées qui croient pouvoir dicter aux citoyens les modes de vie pour lesquels ils devraient opter et, de fait, les privent de toute initiative. Et se demande comment cette initiative pourrait être reprise collectivement, autrement dit comment «organiser la mobilisation» et coaguler les forces qui veulent non seulement comprendre les mécanismes de pouvoir mais les retourner pour qu’ils servent leur liberté au lieu de conforter leur aliénation. Mais comment faire, dans les pays où «les gens sont désillusionnés, effrayés, sceptiques, en colère» et «ne font plus confiance à rien, veulent quelque chose de mieux, savent que tout est pourri» ? Tout dépend, dit Noam Chomsky, de la «décision d’agir ou pas», d’une difficile décision, que toute son œuvre politique vise à «informer» et rendre possible. En ajoutant toujours : «Nous ne pouvons pas perdre espoir.» Parole d’un homme qui aura 89 ans à la fin de l’année.

Robert Maggiori

A lire intégralement ci-dessous

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