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Vivement l'Ecole!

Réduire le nombre d'élèves par classe? Oui mais...

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Pédagogie, #Politique

Réduire le nombre d'élèves par classe? Oui mais...
Texte mis à jour le 21 avril 2017

Faut-il réduire le nombre d’élèves par classe ?

Toutes les études, notamment américaines (Etats-Unis) montrent que la réduction du nombre d’élèves par classe favorise tous les élèves, faibles et forts. Mais ceci à une condition : que cet effectif soit d’un maximum de 10 élèves, ce qui ne peut se faire à l’heure actuelle en France de manière généralisée, mais est possible de manière ponctuelle et ciblée.

Il est prouvé que retirer 5 élèves sur un effectif de 25 n’aura aucun effet ; en revanche, retirer 5 élèves sur un effectif de 15 est porteur d’excellents résultats. (Voir School Class Size de Glass, Cahen, Smith et Filby paru en 1982).

Les recherches menées au Etats-Unis (et en France notamment par Piketty) l’ont été de la manière suivante :

les élèves ont été affectés de manière aléatoire dans des classes à effectif réduit ou dans des classes à effectif plus nombreux. Les chercheurs ont ensuite vérifié que les élèves composant les deux types de classes présentaient des caractéristiques comparables du point de vue de l’ethnie, du sexe et du statut socio professionnel des parents. Les résultats des élèves des deux groupes ont été comparés à des moments différents de leur scolarité et à travers des indicateurs diversifiés : tous confirment l’intérêt des classes à effectif réduit (10 ou moins de 10 élèves/Jamais moins de 8).

- A ces effectifs réduits doivent être appliquées des pédagogies adaptées, des contenus traités de manière évidemment différente.

- Il n'est pas non plus interdit de penser que même avec ces effectifs très réduits, deux enseignants doivent intervenir dans ces classes.

- Au moins une fois par semaine, ces effectifs réduits DOIVENT être réunis en nombre plus important afin de favoriser er de permettre des "exercices d'échanges", de socialisation et de "fabrique du commun".

- Il conviendra aussi de penser, et ce n'est pas le moindre des obstacles, à construire des salles, à les équiper, à former des enseignants ( et pas à supprimer des postes) rompus à des pédagogies innovantes et ciblées.

Voilà quelques impératifs incontournables. Car s'arrêter à la seule "division par deux des effectifs des CP/CE1/CE2 en zone prioritaire" ne serait que pure incantation, voire manœuvre grossière de candidat en mal de voix.

  • L’intérêt des groupes de besoin

L’idée de « groupes de besoin » n’est pas nouvelle. Claparède la préconisait en…1920. Aux Etats-Unis, dans le cadre beaucoup plus récent du plan Joplin, les élèves sont attachés en fonction de leur age à une classe hétérogène. Ils la quittent pour certains apprentissages (Lecture et mathématiques principalement) qui se déroulent en groupes homogènes. Cet assouplissement respecte à la lettre trois règles immuables :

- le temps passé en groupes homogènes est nettement inférieur au temps passé en classes hétérogènes, ce qui a pour conséquence que le groupe auquel les enfants s’identifient reste ce dernier;

- la constitution des groupes homogènes repose sur l’évaluation d’une compétence spécifique et non plus sur celle d’une aptitude générale;

- les groupes sont flexibles ; en fonction des progrès des élèves, ils peuvent être réorganisés.

Le plan Joplin a fait l’objet de plusieurs évaluations :

- l’effet positif est particulièrement sensible pour les élèves faibles, sans affecter le niveau des élèves forts

- les résultats en lecture des élèves du programme Joplin sont nettement supérieurs à ceux des élèves fréquentant des classes « traditionnelles »;

- aucune étude d’évaluation n’a abouti à des résultats négatifs à propos du plan Joplin.

Il est donc nécessaire, puisque cela « marche », de constituer des classes hétérogènes à petits effectifs, surtout dans les premières années de l’école primaire, déterminantes pour l’avenir. Sur cette unité de base, il sera utile de greffer un fonctionnement par groupes de besoin en respectant les trois règles énoncées ci-dessus.

Christophe Chartreux

Voir les travaux de Marcel Crahay, Professeur, Développement, apprentissage et intervention en situations scolaires, Université de Genève et Université de Liège

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