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Vivement l'Ecole!

Najat Vallaud-Belkacem : « J’ai consacré une grande part de mon énergie à me débattre contre des rumeurs »...

10 Avril 2017 , Rédigé par Respect Mag Publié dans #Politique, #Education

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A quelques jours de la fin de sa mission de ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem revient, en exclusivité pour Respect mag, sur un quinquennat présidentiel qui touche à sa fin, à l’occasion de la parution de son livre La vie a plus d’imagination que toi (Grasset). Le tout, entre espoir et déception. Rencontre.

Avant d’en venir au livre, dois-je vous appeler Madame Vallaud-Belkacem ou Madame la ministre ?

Madame la ministre, encore quelques temps (rires) ! J’ai eu la chance d’être ministre durant tout un quinquennat, j’en retiens un honneur, un bonheur même, une mobilisation de chaque instant et une action très fournie. Le ministère de l’Éducation nationale n’est pas ce qu’on en dit souvent. C’est un ministère qui est bel et bien capable d’évoluer, de se remettre en question, d’innover. Ce n’était pas non plus n’importe quel quinquennat pour l’Éducation car c’était celui de la refondation de l’école. On a beaucoup réformé, beaucoup investi de moyens. Souvent il y a eu de la frustration à savoir que les effets de tout cela ne se mesureront que dans quelques années – et encore, si les politiques conduites ne sont pas remises en question. Et parfois les résultats sont rapidement plus tangibles et ça, c’est terriblement exaltant. Je remettais mardi matin des prix à des élèves engagés contre le harcèlement scolaire, et je rappelais combien on était par exemple beaucoup mieux organisés aujourd’hui dans nos établissements pour y faire face. Le nombre d’élèves harcelés est à la baisse, alors que depuis vingt ans il ne cessait d’augmenter. On a été aussi capables, durant ce quinquennat, dans la lutte contre le décrochage scolaire, d’en finir avec la fatalité des 150 000 jeunes sans qualification qui sortaient du système chaque année en passant sous la barre des 100 000… Être ministre de l’Éducation est enfin une grande chance, parce qu’on passe son temps dans des établissements scolaires à la rencontre des professeurs, des équipes mais aussi des élèves, de la génération montante que je trouve particulièrement enthousiasmante.

Vous attendiez-vous à avoir un tel lot de critiques lors de votre prise de fonctions ?

Je me souviens que ma première réaction, quand François Hollande m’a proposé de devenir ministre de l’Éducation nationale, a été de lui dire : « Je ne sais pas si tu en as conscience mais ce sera la première fois qu’une femme le sera ». Aussi étonnant que ça puisse paraître, pour un ministère plutôt féminin, – il n’y a qu’à voir la physionomie des professeurs à l’école maternelle ou primaire – , il n’y avait jamais eu de femme à sa tête. J’avais conscience que ce ne serait donc pas si simple. Qu’il y aurait, comme souvent quand les femmes prennent une citadelle, des procès soit en incompétence, soit en illégitimité. Je m’attendais à ça, mais pas forcément à tout ce qui s’en est suivi, comme des procès en extranéité, des « vous n’êtes pas vraiment française ». C’est arrivé assez vite, c’était le côté très désagréable de la chose. Mes premiers pas dans le ministère ont été accompagnés de toute une série de couvertures de presse comme celles de Valeurs actuelles ou Minute. J’aurai finalement consacré bien plus de temps que je ne l’aurais voulu à la tête de ce ministère à me battre contre des procès aberrants (« son objectif caché est d’affaiblir le niveau des élèves ») ou des rumeurs (« son intention est d’obliger tous les enfants de CP à apprendre l’arabe ») etc. Heureusement je me suis forcée à ne jamais dévier de l’essentiel et de la conduite des réformes qui me tenaient à cœur. On a beaucoup parlé du collège mais il y a aussi la revalorisation des rémunérations et carrières des professeurs, le plan numérique à l’école, la rénovation de l’éducation prioritaire, le travail sur les valeurs de la République…

(...)

Mounir Behidaoui

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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