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Vivement l'Ecole!

Fillon, Gergovie et Vichy...

10 Avril 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelievre Publié dans #Politique, #Histoire

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Vendredi dernier, le candidat à l’élection présidentielle s’est comparé à Vercingétorix, le chef gaulois vainqueur à Gergovie de Jules César. La dernière tentative de ce genre date de Vichy...

« Là-bas, il y a quelques siècles [sic] un rebelle gaulois, Vercingétorix, infligea une défaite magistrale à Jules César… qui était pourtant le favori des sondages [re-sic] », s’est-il exclamé lors d'un meeting à Clermont-Ferrand. On pourrait dire que c'est un simple avatar de son inclination pour un certain ''récit national'' (ou plutôt un certain ''roman national'') tordu sans vergogne dans le sens ad hoc souhaité.

Mais c'est vraiment une étrange ''référence'' et un étrange ''anachronisme''. Cela devrait nous inciter à voir plus loin et plus profond dans ''l'inconscient historique'' à l'oeuvre actuellement chez François Fillon (en rupture de ''gaullisme'', et en régression idéologique et programmatique patente).

Si l'on consulte le tome 2 du célèbre ouvrage « Les lieux de mémoire » (paru chez Gallimard il y a 20 ans, sous la direction de Pierre Nora) à l'article « Gaulois et Francs », une drôle de résonance semble s'imposer.

« Mis à part l'utilisation de la ''croix celtique'' par un groupuscule d'extrême droite et de rares références dans des discours officiels, les Gaulois sont aujourd'hui les grands absents de la vie politique française. Mais il n'en est ainsi que depuis la fin de la guerre. Moins de cinquante ans nous séparent, en effet, de la dernière tentative importante de les embrigader. Le 30 août 1942, la Légion, une organisation d'anciens combattants créée par Vichy et devenue plus tard la Milice de Darnand, célébrait en grande pompe à Gergovie son deuxième anniversaire, placé sous le signe de la Terre de France et de l'unité française […]. Un document dû à la plume de René Giscard d'Estaing établissait plusieurs correspondances entre le passé le plus ancien et le présent le plus récent ; deux ans de la ''Légion française des combattants et des volontaires de la Révolution nationale'' et vingt siècles depuis l'éveil du sentiment national en Gaule ; chef arverne, Vercingétorix, et chef de l'Etat français, le maréchal Philippe Pétain. […]. Le régime de Vichy se posait ainsi à Gergovie à la fois en garant de l'intégralité du territoire national et en héritier du passé entier de la France. Mais il se posait en même temps comme celui qui fit renaître la France » (page 2247).

Un certain air ''nationaliste'' connu...

Pour mémoire, on peut se référer à certains de mes anciens billets. A « Fillon, l'histrion de l'illusion ; une proposition ''historique'' » (29 août 2016) et à « Nos ancêtres les Gaulois ; le contresens » (20 septembre 2016) bien sûr. Mais aussi à « Fillon, fol qui s'y fie» (21 novembre 2016), à « L'habit ne fait pas le moine » (16 décembre 2016) et à « Public-privé ; fuyons Fillon » (3 février 2017).

Pour mémoire aussi, les révélations du « Canard enchaîné » n'ont commencé qu'à partir du 24 janvier 2017.

Claude Lelièvre

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