Sur le carnet Moleskine que Mikael Blomkvist avait dissimulé dans le mini-bar de la suite, comme s’il anticipait son enlèvement, deux lettres mystérieuses, AN, revenaient à chaque page et étaient suivies de chiffres mystérieux.

Lisbeth renonca à interpréter ces notes et glissa le DVD dans son PowerBook. Elle consacra plusieurs heures à revoir ces images en avalant rageusement des rondelles de saucisson. A la vingt-cinquième minute, quelque chose attira son regard mais elle n’aurait su dire quoi.

De dépit, Lisbeth Salander fit alors ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant : elle s’apprêta à éteindre son ordinateur avant d’avoir résolu l’énigme. Elle eut un choc en aperçevant un nouveau fichier sur son bureau.

Elle ouvrit « Juarez » dont les propriétés indiquaient qu’il avait été crée six minutes plus tôt. Il contenait des photos et un mot : « Vivant ». Elle sut instantanément qu’il venait de Mikael et sous ses tétins, son coeur se mit à battre plus fort.

Sur les captures d’écrans jointes dans le fichier, Lisbeth put voir ce qui la chiffonnait à la vingt-cinquième minute du DVD.

Même de dos, on pouvait reconnaître Antoine Castagnole, en personne, qui glissait des DVD dans le radiateur de la guérite du garde qui surveillait l’Assemblée Nationale. « AN ! », elle comprit enfin la signification de ces deux lettres griffonnées partout par Mikael et tremblait à l’idée qu’il fût en danger.