Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Coup de ceour... Serge Joncour...

27 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

 
Sept heures du soir, c'est l'heure où l'avenir est immédiat, à sept heures du soir si l'on n'y voit pas bien clair au-dedans de soi on risque de tout rater, le dîner, la soirée, la nuit, la journée du lendemain, un couple en crise un soir d'été, c'est la plus façon qu'a le jour de tomber.
Il étira les jambes, pencha la tête en arrière, flottant dans un de ces moments où il n'y a plus de question, de ces instants tissés de filaments de bien-être.

Pour la première fois de sa vie il explorait ce moment-là du jour où l'aujourd'hui bascule vers le demain.

Ne pas pouvoir s'aimer, c'est peut-être encore plus fort que de s'aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s'en tenir à ça, à cette très haute idée qu'on se fait de l'autre sans tout en connaître, en rester à cette passion non encore franchie, à cet amour non réalisé mais ressenti jusqu'au plus intime, s'aimer en ne faisant que se le dire, s'en plaindre ou s'en désoler, s'aimer à cette distance où les bras ne se rejoignent pas, sinon à peine
du bout des doigts pour une caresse, une tête posée sur les genoux, une distance qui permet tout de même de chuchoter, mais pas de cri, pas de souffle, pas d'éternité, on s'aime et on s'en tient là, l'amour sans y toucher, l'amour chacun le garde pour soi, comme on garde soi sa douleur, une douleur ça ne se partage pas, une douleur ça ne se transmet pas par le corps, on n'enveloppe pas l'autre de sa douleur comme on le submerge de son ardeur. C'est profondément à soi une douleur. L'amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal.

Partager cet article

Repost 0