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Vivement l'Ecole!

« Avec la classe inversée, il faut savoir que l’on risque de perdre des bons élèves »...

4 Avril 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

Résultat de recherche d'images pour "classe inversee"

EXTRAIT

Prof de SVT au lycée Dorian (Paris XI), Vincent Faillet a mesuré pendant un an l'impact de la classe inversée sur les résultats des élèves. Constat : la "flipped classroom" ne convient pas à tout le monde.

Pourquoi avoir voulu « mesurer » l’impact de la classe inversée ?

En 2014, je m’étais inscris dans un cursus de doctorat, et je cherchais un sujet de thèse. Je me suis intéressé à la classe inversée, mais en me penchant sur la littérature, je me suis rendu compte qu’il y avait peu d’études sur le sujet… et que celles qui existent comportent des biais méthodologiques. Elles étudient la classe inversée sur une année N, puis la comparent avec une année N-1, avec des élèves différents !

Je m’interrogeais sur l’intérêt grandissant des profs pour la classe inversée, alors qu’aucune étude scientifique rigoureuse n’existe, quant à son impact sur les résultats des élèves. On n’imagine pas diffuser un médicament avant de l’avoir testé. J’ai donc mené une expérience au lycée Dorian, sans aucun a priori.

Comment s’est déroulée cette expérience, concrètement ?

L’objectif était de quantifier l’effet de la classe inversée sur les résultats des élèves. Je ne voulais pas être à la fois juge et partie, et l’idée était donc de faire expérimenter cette méthode pédagogique à des collègues. En 2014, j’ai donc convaincu deux profs volontaires (enseignants de physique-chimie en Première S) de mon établissement, de tester cette pratique sur leurs classes – au total, 70 élèves.  La première moitié de l’année, les élèves suivaient un enseignement « traditionnel », et la seconde moitié était « inversée ».

Ce qui m’intéressait, c’était le rendement des élèves. Chaque point de chaque contrôle était sérié selon qu’il avait été obtenu dans un cours non inversé ou inversé. J’ai ainsi pu calculer une moyenne annuelle relative à un enseignement traditionnel – une moyenne « académique » -, et une autre relative à un enseignement inversé – une « moyenne classe inversée ». En comparant les deux, j’ai obtenu un « indice de performance » en classe inversée, sur une année scolaire. Plus l’indice de performance est élevé, plus l’impact de la classe inversée sur la moyenne est bénéfique.

Et quel constat avez-vous pu tirer à la fin de cette expérimentation ?

J’ai constaté, d’une façon très flagrante, que le rendement est nettement meilleur pour les élèves en difficulté, et nettement moins bon pour les bons élèves.

Les élèves qui obtenaient des points de moyenne en plus étaient ceux qui étaient en difficulté, ou réputés « faibles ». Ils augmentaient sensiblement leurs résultats. À l’inverse, les « bons élèves » perdaient des points, certains allant jusqu’à passer de 16 à 13 de moyenne.

(...)

Fabien Soyez

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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