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Vivement l'Ecole!

A voté... Incroyable campagne...

23 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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A voté...

A voté en me remémorant les "grands moments" de cette incroyable campagne présidentielle.

Incroyable par les très importantes différences de projets de société offerts aux choix des citoyens.

Incroyable hélas aussi et surtout par la déception qu'a engendré le "vol" de véritables débats. Car de débats, il n'y eut pas.

Qu'on se souvienne de ces échanges à cinq candidats, éliminant les six autres. Un scandale passé comme une lettre à la poste.

Qu'on se souvienne de cette longue soirée à onze ne permettant à aucun de développer utilement - utilement pour le citoyen - son ou ses quelques-s idée-s majeure-s. Une chaîne de télévision, BFM TV je crois, il y a quelques jours avait envoyé un journaliste au milieu d'une foule de sympathisants - je tairai le nom du candidat afin de ne pas être trop sévère - en leur demandant de citer une idée majeure du projet de leur "champion". Sur quelques cent personnes interrogées, cinq avaient été capables de répondre. Les autres ne savaient pas.

Cette campagne présidentielle ne fut pas celle des programmes - pourtant intéressants par bien des aspects pour la plupart - mais celle des personnalités dissimulant leurs idées, les transformant de semaine en semaine, de peur d'être trop clivants. Le champion en la matière étant Emmanuel Macron dont l'électeur serait bien en peine de dire quelle mesure phare éclaire nos consciences sur le chemin qu'il nous proposait. "Une bulle de savon gonflée à l'hélium" pour reprendre la magnifique formule du politologue Thomas Guénolé.

Qu'on se souvienne de cette dernière et pitoyable longue, très longue procession des candidats lors de cette soirée maintenue par France 2. Pas de débat. Trois des "grands" - on se croirait à la Cour d'Espagne - n'en voulaient pas pour diverses raisons dont la peur de commettre LA bourde qui eût détruit le fragile édifice construit patiemment pour faire illusion. Alors, la presse a dit "Amen". Et le citoyen n'eut plus qu'à subir un défilé verbeux.

Qu'on se souvienne de ces grandes envolées, dites, assénées, hurlées. De grandes envolées pour des idées simplistes. La démagogie se nourrit plus facilement du simple que du compliqué. Et de la démagogie nous en eûmes au kilomètre.

Qu'on se souvienne de cette campagne, dévorée par les affaires. Le plus "extraordinaire", si je puis dire, étant que les deux plus concernés par ces "affaires", très graves sur le plan judiciaire si les faits sont avérés, Madame Le Pen et Monsieur Fillon, font partie des favoris pour la qualification au second tour. Je n'ose imaginer le message envoyé au monde si les français présentaient deux "mis en examen" à départager pour occuper l'Elysée.

Qu'on se souvienne de cette campagne qui, privant le citoyen de véritable débat et l'obligeant à des synthèses impossibles, vit les rumeurs, les fausses nouvelles, les "fake" et autres "intox" prendre davantage de place dans les réseaux sociaux que la réflexion fondée sur l'analyse du "vrai", du "désirable". Sur ces réseaux dits "sociaux", nous ne communiquons plus. Nous participons parallèlement, sans vraiment nous rencontrer, à entretenir la croyance que "nous avons raison", chacun dans notre sphère. Tout le monde vit donc dans le "semblant du vrai". Le pire des mensonges.

Qu'on se souvienne de cette campagne, "gardiennée à 90% par le CAC 40" comme le rappelle Aude Lancelin dans "Le1" du 19 avril. Oui, rappelons-nous toujours que la France est fort mal classée en matière de liberté d'expression. 45e! Et ceci pour trois raisons: concentration des médias, manque d’indépendance, protection insuffisante. Faut-il rappeler que la presse française appartient à une dizaine de personnes. Et je suis large.

Comment dans ces conditions peut-on être certain d'une véritable variété des lignes éditoriales?

Comment dans ces conditions peut-on être certain de l'indépendance d'un candidat quand ce dernier est lié, personnellement et/ou professionnellement, à tel ou tel propriétaire de médias?

Qu'on se souvienne de cette campagne qui efface quasi totalement l'Education. Quand pendant tout le quinquennat il en fut énormément question. Sujet "glissant" pour candidats prudents. Quelle tristesse! Et, quand il fut - un tout petit peu - question quand même du sujet, ce fut pour promettre le retour au passé le plus poussiéreux ou un statu quo à peine retouché. Les véritables enjeux des réformes profondes entamées pendant ces cinq dernières années ne furent pas abordés.

Je me souviens tout particulièrement de ce scandale soulevé par la possibilité offerte en option d'apprendre la langue arabe. Ceci afin - aussi - d'ôter à des officines plus ou moins louches, la possibilité de radicaliser quelques jeunes esprits naïvement abusés. Tollé! Tollé qui eût été absent s'il avait été question de n'importe quelle autre langue. Mais non! Il s'agissait de l'arabe.

Pourtant, pour de très nombreux enfants, cette langue est un capital précieux, qu'il conviendrait de développer. Pourquoi priver une partie de notre jeunesse d'un tel atout? Quand de très nombreuses grandes entreprises demandent l'expertise des arabisants. Le bilinguisme est un capital. Parfois, dans certaines zones urbaines, c'est le seul. Priver ces jeunes de ce capital, c'est les précipiter dans les bras des "extrêmes"! N'allons pas jusqu'à commettre l'ânerie de fabriquer nous-mêmes les futurs frontistes ou islamistes.

Oui, qu'on se souvienne de cette triste et médiocre campagne présidentielle dont le vainqueur quel qu'il soit sera, dès le lendemain du triomphe, très fragilisé. Sans oublier les législatives qui délivreront sans doute un autre verdict.

"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à paraître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres"

Antonio Gramsci

Qu'on y songe...

Christophe Chartreux

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