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Vivement l'Ecole!

Un nouveau concept : l'élève "vrai"...

9 Mars 2017 , Rédigé par H Michelotto Publié dans #Education, #Pédagogie

Résultat de recherche d'images pour "eleve qui leve le doigt"

Ce texte m'a été offert par une collègue, professeure de mathématiques. Je le publie ici avec son accord. Il a quelques années mais reste d'actualité.

Christophe Chartreux

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Lors d'un repas de midi dans la salle de restauration réservée aux professeurs... Les collègues sont en train de parler d’une des classes dont j'ai la responsabilité en mathématiques et, plus particulièrement, de certains de ses élèves, très brillants, notamment l'une d’entre eux. C’est alors qu’un des professeurs affirme à son sujet : « Elle, au moins, c’est une vraie élève ! ». Grand silence. Je croise le regard affligé d'un autre collègue qui me dit à voix basse : « Ah ! Je ne savais pas qu’il y avait de faux élèves. »

J’ai poursuivi mon repas la gorge serrée en pensant que, malheureusement, il y avait encore des enseignants qui pensaient ainsi. D’ailleurs, aucun autre professeur n’a réagi ou personne n’a osé, moi la première ! J’entends dire aussi parfois : « Il ne fait pas son boulot d’élève, je ne ferai donc pas mon métier de prof ! » Nous avons eu et avons, tout au long de notre carrière, une formation pour pratiquer notre métier (qui fut supprimée sous Sarkozy!), il n’en existe pas pour devenir un « vrai » élève ou, du moins, un élève conscient que ses apprentissages requièrent une certaine méthodologie. Il me semble légitime et obligatoire de les accompagner dans ce lourd travail, car, bien souvent, un élève qui est "perdu" ne sait pas travailler. Comment fait-on pour apprendre une leçon ? Comment « s’entraîner » pour le prochain contrôle de mathématiques ? Par où commencer ? Et plus simplement, que veut dire « apprendre sa leçon »? Cela signifie-t-il l’apprendre par cœur, la maîtriser pour l’employer dans un contexte différent ? Face à toutes ces questions, il est normal que nous montrions et disions de manière claire aux élèves ce que nous attendons d’eux. C’est pour cette raison, me semble-t-il, que l’évaluation, non pas par une note (qui tombe comme un couperet et qui ne reflète qu'une partie de cette évaluation) mais par les compétences, trouve son sens.

Pendant ma scolarité, à chaque devoir-maison, à chaque contrôle, le couperet tombait. On devait être prêt au moment de l’interrogation, au moment où le professeur avait jugé bon de nous évaluer. Si untel ou untel avait eu besoin de deux heures supplémentaires pour comprendre, c’était trop tard ! Il fallait LA note ! Mais que signifie un 10/20 ? Que l’élève connaît la moitié de ce qu’il aurait dû savoir ? Ou la moitié de ce que l’enseignant attendait de lui ? J’ai peur que ce ne soit ni l’un ni l’autre ! Lors d’une interrogation, au moment où un élève a terminé et que je m’apprête à prendre sa copie, je la regarde et si je vois des erreurs je n’hésite pas à lui dire « relis bien la consigne de cette question ». Ils ont au départ été surpris que j’intervienne de cette façon pendant le contrôle (noté), maintenant c’est devenu « « normal » et ils guettent ma réaction quand je regarde leur copie. Je veux pouvoir laisser cette possibilité à un élève qui a lu trop rapidement l’énoncé, qui n’était pas concentré à ce moment-là, la possibilité de « retenter » et, généralement, ils sont plutôt reconnaissants car c’est aussi une manière de leur indiquer que l’interrogation n’est pas faite pour les piéger mais pour les faire raisonner et les mettre en action devant une situation.

La mise en place d’un socle commun de connaissances et de compétences pour les collégiens favorise cette réflexion à mener sur l’évaluation des élèves qui me donne, à chaque fois, beaucoup de fil à retordre !

Hélène Michelotto

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