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Vivement l'Ecole!

«Tenue indécente, tu ne reviens pas comme ça» : dérives sexistes dans un lycée à Valence...

30 Mars 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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Tenue correcte exigée à  la cité scolaire Emile-Loubet. Depuis plusieurs semaines, les filles de  l'établissement public sont soumises à des contrôles quotidiens : jupes  trop courtes et jeans troués sont bannis, sous peine d'être privées de  cours.

«Là, ça ne va pas du tout la tenue.» Voilà comment sont accueillies certaines adolescentes du collège et du lycée Emile-Loubet à Valence, dans la Drôme. Tous les matins, la directrice et son adjointe inspectent leurs élèves, en visant exclusivement les filles, et leur demandent de mesurer la longueur des jupes et shorts avec les mains, leur refusent les rouges à lèvres trop foncés et les jeans troués. De simples remarques sexistes aux exclusions indéterminées, les sanctions sont devenues insoutenables pour les lycéennes, impuissantes face à de telles pratiques. Devant les autres élèves de l’établissement public, les jeunes filles sont sommées de respecter «une tenue décente» selon le règlement intérieur, désormais placardé dans les locaux, qui précise les restrictions vestimentaires. L’une d’entre elles, qui portait un jean troué, a été exclue de son lycée une journée. Quelques jours plus tard, elle revient avec le même pantalon, avant d’être exclue à durée indéterminée. Elle ne pourra plus retourner en cours avant que la directrice n’accepte sa tenue, qu’elle lui présentera tous les matins à l’entrée de l’établissement.

C’est sur la base de ce constat que Norden Gail, membre du collectif Réseau d’opération solidaire et d’action (Rosa) à Valence, a décidé de rencontrer les filles concernées par ces humiliations quotidiennes, de condamner les pratiques sur Twitter et d’appeler à un rassemblement contre le sexisme à Loubet. Contactée par Libération, elle raconte la situation de lycéennes démunies et des sanctions qui montent crescendo. «Ça commence par des réflexions mielleuses, des mains sur les épaules, et ça se termine en critique devant les autres camarades "là ça ne va pas du tout la tenue, c’est indécent". Mais seules les filles sont concernées, les garçons, non», explique-t-elle.

«Dévisagées de haut en bas»

En plus des jupes et shorts jugés trop courts, le maquillage aussi pose problème, surtout le rouge à lèvres : «Le rose pâle, ok. Mais un rouge vif, un marron ou un noir, ce n’est pas la peine», explique Norden Gail. Charlotte, en terminale littéraire, se souvient d’une fille qui a dû retirer son rouge à lèvres car «trop foncé, trop noir». Elle décrit son lycée comme étant assez «strict, où les allées et venues sont surveillées». Mais pour elle, «ce n’est pas normal de faire craquer les filles comme ça. Un groupe a été ciblé dès le départ, elles sont dévisagées de haut en bas dès qu’elles arrivent». Et souvent, la proviseure demande que les adolescentes concernées aillent se changer pour pouvoir accéder à leurs cours : «Non tu ne rentres pas, tu retournes chez toi.» Laure ne comprend pas qu’on puisse ordonner un changement de tenue. Elle a déjà été ciblée par l’un de ces contrôles, mais n’avait pas la possibilité de rentrer chez elle. «On m’a refusé l’accès, j’ai attendu un peu et j’ai réussi à rejoindre ma classe.»

(...)

Margaux Boddaert

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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