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Vivement l'Ecole!

"Swagger"... Les adolescents des banlieues... ils parlent religion, école, intégration, avenir, vie de famille, amour et racisme... A revoir...

12 Mars 2017 , Rédigé par Telerama

Synopsis

On part à la rencontre de onze adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au cœur d'Aulnay et Sevran, dans l'une des cités les plus défavorisées de France. Malgré les difficultés de leurs vies, les gosses d’Aulnay et de Sevran ont des rêves et de l’ambition. Il y a la douce et triste Aissatou passe invisible au milieu de la foule, le truculent Régis, qui a savant sens du style, défile tout de fourrure vêtu dans les couloirs, Paul qui danse en costume, comme Fred Astaire. raisonnements politiques. Avec clairvoyance et parfois naïveté, ils parlent religion, école, intégration, avenir, vie de famille, amour et racisme...

Critique lors de la sortie en salle le 16/11/2016

Par Pierre Murat

Encore des préadolescents. Encore des confidences. Encore des confessions. Rien à voir, pourtant, avec le réalisme, souvent condescendant, de bien des reportages vus à la télé. Olivier Babinet filme Aulnay et Sevran, la nuit, comme des lieux mystérieux, beaux et dangereux. Sa caméra joue avec l'espace, elle semble s'envoler, par moments, avant de s'introduire par la fenêtre d'un immeuble, comme pour en percer les secrets. Et c'est le même regard, ample et précis, qu'il pose sur les onze petits héros qu'il a filmés durant des mois pour en faire de vrais personnages.

Le plus marrant est Régis. Le look cités — baskets, capuche —, très peu pour lui. Normal : il veut devenir styliste. Avec son noeud pap proéminent, il est populaire (« Je suis pas Beyoncé, mais je suis apprécié des gens : on va dire ça comme ça ! »). Il vante le style de Barack Obama (« alors que François Hollande, quand il marche... ») et raconte, irrésistible, un épisode particulièrement complexe des Feux de l'amour, où « même quand c'est moche, tout est beau »... Paul, l'Indien, dont le père « un peu malade » le tape « quand il ne prend pas ses médicaments », se balade, lui, en costume-cravate. Ses copains se sont foutus de lui, évidemment, et puis l'ont trouvé très classe. Et les filles, très beau, ce qui le réjouit et le fait ­rougir...

Les filles, Olivier Babinet les filme aussi avec empathie : Astan, qui ne connaît pas « des Français de souche. C'est quoi "souche" ? ». Naïla, toute menue, toute fragile, déteste Mickey et les poupées Barbie, et rêve de devenir architecte pour construire des maisons plus belles et confortables que la sienne. Aissatou, elle, a bien du mal à prononcer son prénom. Elle hésite, elle trébuche. Elle oublie tout, même ses rares souvenirs heureux, trop lourds pour elle... Belle idée du réalisateur : accompagner l'ado qui lui confie ses rêves et ses amours, sa religion et ses angoisses par des plans muets où ses camarades semblent le contempler. Tel un mini choeur antique, affectueux et malicieux. — Pierre Murat

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