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Vivement l'Ecole!

Remèdes aux mensonges et autres idées reçues... Lecture : une question de méthode?...

26 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

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«  Les élèves, au sortir du cours préparatoire, ne savent plus lire. C’est la faute de la méthode globale.  »

Ces affirmations souvent entendues allient la déploration sur le déclin de l’école et la condamnation des manières de faire des enseignants d’aujourd’hui. Qu’en est-il au-delà des impressions subjectives de chacun ? Car, à partir d’un point de vue partiel, tout le monde, parent, enseignant, chercheur dans une spécialité pointue, a une opinion tranchée, à défaut d’être fondée, sur ce qu’on devrait faire ou pas en classe pour enseigner la lecture. Mieux vaudrait aller voir ce que nous disent les enquêtes et les synthèses de recherche.

Déjà en 1959 !

Il faut dans toute période difficile trouver un bouc émissaire. La Méthode Globale est aujourd’hui responsable de tous les maux dont souffre l’École.
Si les enfants lisent moins bien qu’autrefois, c’est la faute à la Méthode Globale.
S’ils manquent d’attention et de concentration dans leurs devoirs, s’ils font trop de fautes dans leurs dictées ou dans leurs lettres, c’est évidemment la méthode globale qui en est la cause.
La discipline elle-même, et donc la marche générale des établissements, en sont affectés. Qu’on revienne donc à la bonne règle préalable du B-A BA et aux exercices méthodiques ; qu’on enseigne les b bases avant d’aborder le tout, et l’éducation refleurira. L’État sera sauvé.

Célestin Freinet «  la Méthode Globale, cette galeuse ! », supplément à la revue l’Éducateur (n° 19 du 30 juin 1959).

Tout d’abord, le niveau des élèves en lecture baisse-t-il ? Difficile de comparer les performances sur une longue durée, car les attentes ont bien changé depuis un siècle. Il ne suffit plus aujourd’hui de déchiffrer et de comprendre un texte simple pour pouvoir s’insérer dans la vie sociale et professionnelle. Les ambitions sont plus grandes, les textes, les documents, les situations de lecture sont multiples et complexes, notamment lorsqu’il s’agit de lire pour apprendre. En revanche, les points de comparaison existent si on remonte à une vingtaine d’années, grâce aux évaluations organisées en France par la DEPP et aux évaluations internationales (PIRLS au CM1, PISA pour les élèves de 15 ans). On y constate des scores médiocres des élèves français et leur légère baisse au fil des années.

En fait, ces résultats cachent un contraste entre les meilleurs élèves, très performants, et les moins bons, qui font baisser le score moyen. C’est là le point inquiétant : notre enseignement de la lecture n’est pas inefficace pour tous les élèves, mais pour les élèves les plus faibles, qui sont aussi, très souvent, les plus défavorisés socialement. Le système français se révèle parmi les plus inégalitaires des pays de l’OCDE. Pour bien poser la question de l’efficacité respective des différentes manières d’enseigner la lecture, il faut surtout s’interroger sur leur efficacité pour les élèves le plus en difficulté.

(...)

Jacques Crinon

A lire également :

Comment soutenir le développement de compétences en lecture ?
Par Corinne Brisbart, à propos de la conférence de consensus autour de la lecture, organisée par le CNESCO et l’IFE en mars 2016.

Lecture : et si on s’intéressait aux pratiques réelles ?
Par Jean-Michel Zakhartchouk

«  Devenir lecteur, c’est aussi devenir capable de parler de ce qu’on a lu.  »
Interview de Jacques Crinon, coordonnateur du dossier du n° 516 des Cahiers pédagogiques, «  Devenir lecteur  »

L’école et la lecture obligatoire. Histoire et paradoxe des pratiques d’enseignement de la lecture
Recension du livre d’Anne-Marie Chartier, Retz, 2007.

Le billet complet se trouve ci-dessous

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