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Vivement l'Ecole!

Quand Espérance banlieues bat la campagne...

14 Mars 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Quand Espérance banlieues bat la campagne...

Par Jean-Charles Buttier, Laurence De Cock et Grégory Chambat, enseignant.e.s

Discourant à Besançon sur son programme éducatif, le candidat Fillon, a rendu hommage aux écoles privées hors contrat de la fondation Espérance banlieues, les assurant de son total soutien :

« J’ai visité en novembre une école d’« Espérance banlieues » à Asnières, et j’ai constaté l’aide apportée aux familles le plus en difficulté par des établissements fondés sur la liberté, la discipline et l’attention extrême portée aux élèves. Ces écoles permettent de scolariser des enfants qui étaient harcelés, des enfants ayant un trouble de l’attention, des enfants issus de l’immigration et qui croient au mérite, des enfants en total échec scolaire dans le système traditionnel. Ces écoles ne sont aujourd’hui pas aidées. Eh bien, l’État ne devra plus s’opposer à cette nouvelle offre éducative issue de la société civile ; il devra leur faciliter la tâche et les aider. »
(Discours de François Fillon jeudi 9 mars 2017 – Besançon).

L’école des réac-publicains et de la Manif pour tous

Cet hommage appuyé au réseau Espérance banlieues est une belle victoire pour ces adversaires irréductibles de l’école publique. Au lendemain de la manif du 5 mars, le candidat des « réac-publicains » paye ainsi sa dette à Sens commun, le courant issu de la Manif pour tous et dont la fondation pour l’école est la branche « éducative » et Espérance Banlieues la vitrine médiatique.

Non seulement le modèle rétrograde, autoritaire et qui sent bon le paternalisme et le néo-colonialisme, est encensé mais, à demi-mot, le candidat des « réac-publicains » semble faire un pas vers la principale revendication de ces réseaux : la mise en place du « Chèque éducation », c’est-à-dire la parité de financement entre le public et le privé, disposition inédite en France depuis le Régime de Vichy… Une « arme de destruction massive » de l’école publique qui a été utilisée pour la première fois dans le Chili de Pinochet.

Premiers accrocs dans la belle stratégie de communication

Cette prise de position survient à un moment où le rouleau compresseur médiatique de ces réseaux semble quelque peu s’enrayer. Alors que depuis plusieurs mois nous avons assisté à une déferlante de documentaires et d’articles élogieux sur Espérance banlieues, plus proches du publi-reportage que de l’enquête journalistique, la mécanique paraît enfin se gripper…

Ainsi, cette semaine, la fondation a-t-elle dû prendre publiquement ses distances avec l’annonce de l’ouverture d’une école EB à Béziers, ville de Robert Ménard. Elle s’étonne de l’existence de ce projet qui était pourtant bien au cœur du programme éducatif du candidat d’extrême droite à la mairie. Après Montfermeil où Xavier Lemoine, vice-président du parti de Christine Boutin, avait rendu possible l’ouverture de la première école EB, les collusions avec la droite de la droite sont de plus en plus visibles et évidentes mais elles semblent égratigner l’image consensuelle voulue par EB. Car la force de ce réseau c’est d’avoir misé sur la communication, réussissant à berner nombre de médias plus ou moins consentants. Ainsi TF1 déléguant son journaliste star, Harry Roselmack ou encore Télérama publiant tout un dossier élogieux. Mais voilà que l’on a appris, grâce à Causette, qu’Harry Roselmack n’a pas réellement rédigé le livre Espérance banlieues qu’il a pourtant co-signé avec Éric Mestrallet. Selon le rapport d’activité de la fondation, c’est Anne Coffinier et Frédéric Guillaud qui ont travaillé sur l’ouvrage…

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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