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Vivement l'Ecole!

« Nous devons accompagner l’innovation » Najat Vallaud-Belkacem - Sud-Ouest

17 Mars 2017 , Rédigé par Sud Ouest Publié dans #Education, #Innovation

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Najat Vallaud-Belkacem se rend vendredi 17 mars 2017 à Orthez dans les Pyrénées-Atlantiques pour visiter le collège Daniel Argote, qui a remporté le prix du public 2016 au Forum des professeurs innovants avec un Enseignement pédagogique interdisciplinaire (EPI) anglais-français sur Harry Potter. Elle explique dans un entretien au quotidien Sud-Ouest en quoi les EPI favorisent l’innovation pédagogique.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet interdisciplinaire du collège Argote ?

C’est un très bel exemple des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) qui sont désormais installés dans tous les collèges. Ils consistent à faire travailler les élèves en groupe sur des projets motivants qui leur permettent de réutiliser les connaissances acquises dans différentes disciplines et de se les approprier. Je suis convaincue que c’est en faisant, en s’engageant dans un projet concret, qu’on apprend.

Les EPI avaient pourtant été plutôt décriés par les syndicats d’enseignants. Quel bilan en dressez-vous ?

Les EPI avaient reçu chez certains enseignants un accueil inquiet car ils craignaient que ce temps consacré à croiser plusieurs disciplines et à travailler sur un projet ne fasse défaut à leur enseignement. On constate en fait que l’on ne fait pas moins de français, d’anglais ou de maths dans ces nouveaux temps, mais qu’on en fait différemment et mieux.

Les enseignants s’interrogeaient ensuite sur leur capacité à travailler à plusieurs autour d’un projet unique. Je constate des remontées du terrain que ce travail d’équipe est de plus en plus reconnu comme extrêmement bénéfique pour la réussite des élèves, comme pour la pratique professionnelle des enseignants qui s’enrichit dans ce travail collectif.

Ce collège pratique également la classe inversée qui ne réunit pas l’adhésion de tous les pédagogues. Qu’en pensez-vous ?

La classe inversée est de l’ordre de l’expérimentation. Je suis toujours favorable à l’expérimentation. Il faut tester et accompagner avec bienveillance ces innovations issues du terrain. L’idée de cette pratique, c’est qu’en donnant aux élèves un certain nombre d’informations dont ils doivent prendre connaissance en amont du cours, l’enseignant puisse ensuite davantage consacrer ce dernier  à accompagner les élèves dans la compréhension et la réalisation d’exercices d’application concrets.

Beaucoup d’établissements en France expérimentent cette pratique et j’aurais plaisir à observer les réussites dans cette classe du collège Argote. Les expérimentations doivent être évaluées et partagées avec le plus grand nombre lorsqu’elles sont positives. Pour cela le ministère de l’Éducation nationale est en train de se doter d’une véritable politique d’innovation avec notamment des lieux où les professeurs pourront rencontrer et travailler avec des chercheurs autour de leurs  pratiques pédagogiques, ce que nous appelons les « Instituts Carnot de l’Éducation » …

Après avoir soutenu Manuel Valls durant la primaire, vous avez fait le choix de Benoît Hanon plutôt qu’Emmanuel Macron. Pourquoi ?

Pour la simple raison que je me revendique de gauche. Aujourd’hui l’offre politique semble brouillée mais ce n’est qu’une apparence. Il y a bel et bien un candidat de la gauche largement réunie avec le Parti socialiste, les Radicaux de gauche et les Verts. J’ai effectivement soutenu d’autres candidats initialement : François Hollande que j’aurais aimé voir se représenter, Manuel Valls qui me semblait porter ce qu’avait été ce quinquennat et ce en quoi je crois. Mais la primaire a eu lieu, Benoit Hamon l’a emporté et je suis soucieuse de respecter les règles que nous nous sommes collectivement fixées. D’autant que le candidat est ouvert aux enrichissements de son projet et que je préfère contribuer à cela plutôt qu’aller voir ailleurs.

Vous regrettez les récents positionnements de Manuel Valls ?

Chacun est dans une situation singulière et je ne veux pas porter de jugement. Manuel Valls  exprime ainsi une divergence sur le fond avec le candidat. Pour autant il ne va pas voir ailleurs et cela me paraît important car je crois fondamentalement qu’au-delà de telle ou telle divergence nous formons et devons former une seule et même famille politique.

En cas de victoire de votre candidat, vous vous imagineriez volontiers poursuivre votre mission rue de Grenelle…

Je crois et je comprends très bien que les Français ont besoin de renouvellement. Mais s’agissant de la politique conduite dans ce ministère en revanche il y aura besoin de constance. L’Éducation nationale a trop souffert des va-et-vient. Ce serait donc rendre service aux professeurs, aux élèves et à leurs parents que de maintenir le cap et de continuer à investir dans l’École par des créations de postes, de la formation initiale et continue des enseignants, de la lutte contre le décrochage scolaire etc. Nous avons fait de l’Éducation nationale le premier budget de l’État et il ne faut pas le remettre en cause. Nous avons progressé notamment dans la lutte contre les inégalités,  il faut absolument continuer et surtout ne pas affaiblir cette ambition.

Propos recueillis par Franck Meslin pour Sud-Ouest du 17 mars 2017.

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