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Vivement l'Ecole!

Najat Vallaud-Belkacem: “Dommage que le féminisme soit absent de cette campagne”...

24 Mars 2017 , Rédigé par Cheek Magazine Publié dans #Politique, #Femme

À l’occasion de la sortie de son livre, La Vie a plus d’imagination que toi, on a rencontré Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour parler droits des femmes, attaques sexistes et campagne présidentielle.

Cinq ans après l’élection de François Hollande à la présidence de la république, Najat Vallaud-Belkacem fait partie de la poignée de ministres qui auront été de tous ses gouvernements. Nommée en mai 2012 ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, elle verra son périmètre élargi en 2014 à la Ville, la Jeunesse et les Sports, avant d’être propulsée quelques mois plus tard au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, devenant la première femme nommée à ce poste.

Un quinquennat plus tard, alors que le nouveau scrutin présidentiel approche, et avec lui la menace d’une abstention record, Najat Vallaud-Belkacem prend la parole à travers une autobiographie, La Vie a plus d’imagination que toi, (Ndlr: une phrase que lui a souvent répétée sa mère) dans laquelle elle revient pour la première fois sur son parcours personnel. Sans se livrer vraiment -elle reconnaît volontiers qu’elle n’est pas adepte de la confession intime-, elle aborde toutefois plus longuement que jamais sa toute petite enfance dans les montagnes du Maroc, son arrivée en France à l’âge de 5 ans et sa jeunesse dans un quartier populaire d’Amiens au sein d’une famille immigrée, venue en France à la fin des années 70 au nom du regroupement familial. Une histoire française qui ressemble à tellement d’autres, à un détail près: la cadette de la fratrie de sept enfants connaîtra une ascension politique fulgurante, pas encore près de s’arrêter. À 39 ans, celle qui a débuté sa vie politique comme adjointe à la mairie de Lyon s’apprête à effectuer un retour aux sources à l’occasion des élections législatives de juin: elle est la candidate du Parti socialiste dans la circonscription de Villeurbanne. Alors qu’une page politique se tourne pour elle avec la fin des années Hollande, elle revient pour Cheek sur une cause qui ne cessera jamais de l’habiter: celle des droits des femmes. Interview.

À quand remonte votre prise de conscience féministe?

Je dirais que ma fibre féministe date de mon adolescence. Ayant été une jeune fille au sein d’une famille nombreuse lambda, où j’ai pu observer le traitement des garçons, des filles, ou entendre ma mère regretter de n’avoir pas eu l’indépendance, l’autonomie dont elle rêvait , j’ai toujours eu au fond de moi une conscience féministe. D’ailleurs, je suis retombée sur un exposé datant du lycée pour lequel j’avais choisi d’étudier longuement la figure d’Aung San Suu Kyi, preuve que c’était déjà là, en moi!

Et politiquement, comment s’est fait votre cheminement dans ce domaine?

Quand j’étais secrétaire nationale du Parti socialiste, j’ai choisi à partir de 2009 de m’occuper des questions de société dont j’ai fait un levier de promotion des droits des femmes. Contrairement à ce que l’on nous raconte, les combats ne sont pas derrière nous et la campagne présidentielle de 2007 a été un chef d’œuvre du genre. C’est incroyable comme la question féminine y a été présente, que ce soit dans le dénigrement dont a fait l’objet Ségolène Royal -“Confier le code nucléaire à une femme? Vous n’y songez pas?”- ou dans les interrogations plus innocentes que je rencontrais sur le terrain, où l’on me disait “On ne veut pas empêcher les enfants de cette famille Hollande-Royal d’avoir auprès d’eux une mère qui s’occupe vraiment d’eux”. Il y avait une difficile prise de conscience que les femmes pouvaient être des hommes politiques comme les autres.

En tant que ministre et femme, quelle est la pire attaque sexiste que vous avez dû affronter?

S’il fallait n’en retenir qu’une! (Rires.) Ce que je trouve le plus détestable, ce sont les procès en illégitimité et en incompétence qui sont constamment faits aux femmes. On nous renvoie en permanence à autre chose que la dimension politique de notre action, comme si on était sujettes à des pulsions, des humeurs, des caprices. C’est une façon de nous replacer en permanence dans la sphère privée. Ça ne vient à l’esprit de personne que les mesures que l’on adopte, les politiques que l’on fait, ont été pensées rationnellement et construites collectivement.

(...)

Propos recueillis par Myriam Levain et Julia Tissier

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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