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Vivement l'Ecole!

«Macron et le Sarkozy de 2007 se rejoignent dans leur critique de l’égalitarisme»...

31 Mars 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Banlieue

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EXTRAIT

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«Macron et le Sarkozy de 2007 se rejoignent dans leur critique de l’égalitarisme»

«Macron, candidat de la banlieue? Il s’agit avant tout d’une mise en scène médiatique. On le voit assez clairement dans les photos qui illustrent son programme, où on le retrouve entouré de nombreuses personnes issues de minorités ethniques. C’est une carte qu’il joue, probablement dans la perspective de son affrontement avec Marine Le Pen au second tour. Concrètement, rien ne permet de dire qu’il y a un engouement pour Macron dans les quartiers populaires. Les quartiers populaires, qui avaient voté à plus de 80% pour François Hollande, sont sans doute perçus par l’équipe de Macron comme un réservoir de voix, celui des déçus du PS. Mais comme le montrent les dernières études d’opinion, le premier parti des banlieues reste celui des abstentionnistes. Sans compter les données structurelles qui affaiblissent le poids électoral de cette "cible", comme la mal-inscription sur les listes ou le taux important d’étrangers.

«L’offre de Macron envers les banlieues est très inconsistante. Il peut séduire à la rigueur une petite frange de jeunes entrepreneurs de ces quartiers, qui pourraient se retrouver dans son discours de conquête, sur la réussite personnelle. Mais difficilement au-delà : les habitants des quartiers populaires ont des aspirations très ordinaires – le salariat, la sortie de la précarité, l’accès à la fonction publique comme refuge face aux discriminations. Du coup, le discours macroniste sur l’entreprenariat risque de tomber à plat, ou d’avoir une portée très limitée. Il y a un paradoxe entre sa démarche ciblée vers les quartiers (mais qui ne reste, dans son approche très segmentée, qu’un segment parmi d’autres à conquérir) et la faiblesse de ses propositions. Sa seule mesure spécifique est le retour des "emplois francs", qui furent un flop retentissant du quinquennat. Cela est révélateur de l’absence de réflexion de Macron ou de son entourage sur la question de la banlieue. Ce n’est pas son monde, pas celui de son entourage, juste une partie de son cœur de cible.

Voir aussi L’auberge espagnole de Macron

«Macron et le Sarkozy de 2007 se rejoignent dans leur critique de l’égalitarisme. Comme les tenants de la "troisième voie", de Bill Clinton à Tony Blair, Macron fait grand cas de l’égalité des chances de départ – mais pas de l’égalité du résultat. Avec cette idée que le rôle de l’Etat est de mettre tout le monde sur la même ligne de départ – même si ensuite, il y aura des gagnants et des perdants sur la ligne d’arrivée. Cette idée d’autonomisation, d’émancipation, d’identification à des "role models" s’inscrit dans une vision du monde néolibérale. C’est l’une des acceptions possibles de l’empowerment, dans sa version individuelle, totalement dénuée de dimension collective. Son modèle de société se résume à l’homo economicus en quête de son bonheur individuel. Ce tropisme individuel très fort explique qu’il n’a pas de discours sur l’économie sociale et solidaire, par exemple. Sa lutte contre les discriminations ressemble à du pur affichage, surtout qu’il ne prend pas position sur les statistiques ethniques.

«Sur le sécuritaire, son refus de la dépénalisation du cannabis est une posture conservatrice. Enfin, question identité et laïcité, il est amené à se contredire tant il drague ouvertement des segments électoraux différents, des habitants des quartiers aux soutiens de Fillon. Mais le point positif, c’est qu’il n’en fait pas un axe central de son projet.»

(...)

Guillaume Gendron

L'article complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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