Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Macron et l'Entreprise éducation...

11 Mars 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Macron

Résultat de recherche d'images pour "l'ecole n'est pas une entreprise c laval"

EXTRAIT

(...)

Mais revenons au présent et voyons l’un des programmes, pour l’instant le plus prolixe, si l’on peut dire, celui d’E. Macron, sans doute aussi l’un des plus révélateurs quant à la démarche idéologique qui le sous-tend. Raison  pour laquelle il convient de l’observer avec quelque attention. Lisons donc :

Seule l’éducation pourra garantir la cohésion sociale et la prospérité de la France, offrir à chacun la possibilité de se réaliser grâce à une école plus juste et plus soucieuse de l’accompagnement comme de l’orientation… Notre objectif […] c’est donc avant tout la réussite et l’épanouissement de chaque élève.

Difficile de faire mieux en termes d’accumulation de poncifs en si peu de mots. Supposons qu’un « malin génie » ajoute subrepticement quelques substantifs au début de la phrase, ainsi par exemple : seuls l’éducation, l’égalité et le partage pourront garantir la cohésion sociale… Ne voilà-t-il pas un énoncé qui prendrait décidément sens ? Poursuivons mais arrêtons-nous aussitôt à l’expression « offrir à chacun la possibilité de se réaliser » pour nous interroger : qu’est-ce que cela « se réaliser » ?

Serait-ce par hasard quelque chose comme le pindarique, nietzschéen et passe-partout « Deviens ce que tu es ! » ? Ou bien serait-ce que « se réaliser » implique un « talent » tapi en chacun de nous que l’école aurait pour mission de nous aider à faire advenir pour accéder à la réussite et à l’épanouissement?

Mais alors soyons simplistes : si l’école parvenait par je ne sais quel miracle à permettre à chaque enfant de « se réaliser », de « réussir » et de « s’épanouir », qui aurait en charge d’assumer les tâches serviles, ces tâches harassantes, accablantes, répugnantes que la nécessité pourtant impose ?

A moins que l’on ne considère que certains enfants, nombreux tout de même, peuplant zones et écoles « prioritaires » ne disposent pas, on ne sait pourquoi, des capacités, des talents, de l’intelligence ou de tout ce que l’on voudra qui leur permettraient de « se réaliser » autrement que dans l’exécution des tâches serviles.

(...)

Revenons pour terminer au programme d’E. Macron et particulièrement à la question de l’autonomie des établissements :

« Les chefs d’établissement et leurs équipes pédagogiques auront davantage de liberté dans l’élaboration de leur projet pédagogique en contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation plus régulière ».

Mais aussi :

Nous introduirons au début de chaque année des bilans personnalisés de la classe de grande section à la troisième afin que les enseignants disposent d’une base fiable et utile pour mesurer les progrès de chaque élève et qu’ils choisissent les meilleurs outils pour un enseignement adapté aux besoins de chacun.

Et :

…Il faut un pilotage plus moderne avec un vrai travail d’évaluation de ce qui fonctionne ou pas (interview à la Voix du Nord).

Tout y est : un chef d’établissement puissant (qui pourra recruter les enseignants), la responsabilisation (on sait ce que cela signifie), l’évaluation, le « pilotage » et les bilans personnalisés. Question : qui effectuera ces bilans ? Le chef bien sûr. Sur quels critères ? Parions sur celui de la docilité.

Comment ne pas le voir ?, il s’agit tout simplement de transformer l’école en entreprise, vieux et permanent objectif du libéralisme triomphant (on peut voir sur cette question « L’école n’est pas une entreprise » de Christian Laval, La Découverte, 2004). Mais que produit une telle entreprise ? Des ressources humaines bien sûr selon cette terminologie qui réifie des êtres humains en ressources.

Qu’en est-il alors de la « réalisation », de la « réussite », de « l’épanouissement » de chacun(e) ?

Nestor Romero

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

Partager cet article

Repost 0