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Vivement l'Ecole!

Le projet Macron? Un libéralisme ancien et un danger pour notre école...

8 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Emmanuel Macron serait, si l'élection avait lieu aujourd'hui, notre Président de la République. Ce qui vaut et vaudra évidemment toujours mieux que la catastrophique Marine Le Pen.

J'entends et je lis de plus en plus souvent qu'il serait le seul rempart contre l'arrivée au pouvoir du Front National. Un épouvantail brandi en argument unique. L'adhésion au projet d'Emmanuel Macron venant après. Rappelons que 45% seulement de ceux se sentant proche des idées de l'ancien Ministre sont certains de voter pour lui. Par comparaison, ils sont entre 70 et 80% à l'être pour François Fillon ou Marine Le Pen. Il pourrait m'être répondu que Monsieur Macron dispose d'une marge de progression. C'est vrai. Ce pourcentage très bas peut aussi être lu comme une incertitude inquiète.

J'entends et lis de plus en plus souvent que le projet Macron serait la suite du hollandisme, une sorte de poursuite du quinquennat avec la jeunesse en plus. Un homme neuf à défaut d'un projet présenté comme "innovant" alors qu'il s'inscrit dans la plus étroite tradition libérale, parfois même très "ultra libérale".

Afin de ne pas encombrer mon propos, je renvoie aux analyses accessibles (il y en a des dizaines) ci-dessous et y ajoute une réflexion centrée sur le dossier "Education".

Quant à l'éducation, le projet d'Emmanuel Macron, outre le fait qu'il ressemble davantage à un fourre-tout qu'à un programme systémique, pose davantage de questions qu'il n'apporte de solutions:

Pour rappel

- L'interdiction des portables? (la proposition/gadget qui a hélas occulté tout le reste. C'est dire le niveau atteint par le débat. Passons...): Ils sont interdits évidemment en cours. Mr Macron sait-il qu'ils le sont déjà dans de nombreux établissements via leur règlement intérieur? Sait-il également que cette interdiction est inapplicable, posant en plus des problèmes juridiques. Mr Macron sait-il qu'en milieu rural comme urbain, les élèves et les parents sont très rassurés de pouvoir compter sur ce lien? Enfin, Mr Macron sait-il que de plus en plus de professeurs utilisent le téléphone portable de manière pédagogique en classe?
 
- Les propos tenus par Mr Macron sur la  "réforme nécessaire de l'éducation" démontre une  absence de maîtrise assez étonnante du dossier. C'est là un déni total de ce qui a été fait pendant 5 ans. Mr Macron aurait-il oublié ce qui a été fait pendant cinq ans?
 
Mr Macron veut instituer des "rythmes scolaires a géométrie  variable" accompagnés d'une autonomie de recrutement des enseignants par les personnels de direction des Ecoles et collèges. Veut-il encourager la cristallisation des inégalités sociales? Veut-il supprimer le caractère "national" de l'Education? Dans ce cas, qu'il le dise clairement.
 
- Mr Macron affirme: "Pas besoin de nouvelles embauches. J'utiliserai celles qui ne l'ont pas encore été dans les 60 000 postes créés..." Lesquelles ?
 
Mr Macron ne veut-il plus qu'on remplace les absents?
 
Qu'on forme les enseignants?
 
Qu'on mette  plus de maîtres que de classe dans toute l'éducation prioritaire?
 
Qu'on mette 500 nouvelles formations dans l'enseignement pro?
 
Les derniers postes utilisés à la rentrée 2017 c'est à tout cela qu'ils vont servir...
 
- Mr Macron veut rétablir les classes bilangues (de contournement):
 
Mr Macron sait-il qu'il n'existe pas le nombre de professeurs de langues vivantes suffisants pour le faire avec une langue vivante 2 en 5e? Va-t-il renoncer aussi à cela? Remettra-t-il les 85% de collégiens sans classes bilangues avec une langue vivante 2 qui n'arrive qu'en 4e?
 
Peut-être Mr Macron, par un projet/catalogue, veut-il satisfaire tout le monde? Il ne satisfait pourtant que les "hurleurs" minoritaires entendus pendant tout le quinquennat, accusant "Collège2016" de maux inventés et que la réalité quotidienne dément parfaitement. Les portes de ma salle de classe sont ouvertes à Mr Macron (et Madame qui d'après L'Express souffle quelques conseils à son mari, elle qui fut professeur de lettres en établissement privé. Ce n'est nullement un reproche mais un constat) afin qu'il constate ce qui se passe sur le terrain, terrain dont il est très éloigné.
 
Je suis très inquiet. Celui qui se présente comme le candidat du "ni/ni" ou parfois du "et/et" projette de détricoter tout ce que qui a été construit dans l'éducation (et pas seulement). Comme celui qui, sans le dire aussi nettement, sera le libérateur des pauvres équipes pédagogique victimes des "lubies ministérielles".
 
Et tout cela se fera au grand soulagement des "hurleurs" évoqués plus haut. Les autres, très nombreux mais trop silencieux - il fallait avoir une certaine audace pour affronter les meutes, pour dire et assumer son soutien à une politique, son soutien et son amitié à une Ministre courageuse -  ne comprendront même pas qu'on est en train de les léser. Le traitement médiatique ayant en plus offert aux "anti tout" des tribunes bien plus larges qu'à celles et ceux qui défendaient, défendent et défendront une école émancipatrice et "excellente pour TOUS"! Des tribunes qui oubliaient souvent tout ce qui a fonctionné et fonctionne parfaitement au moment où j'écris ces lignes.
 
Je suis très inquiet d'un échec électoral toujours possible du candidat Benoit Hamon. Non pas comme quelques crétins le pensent parce que "l'école et la civilisation occidentale auraient été détruites". Mais parce que les changements indispensables et urgents seront remis à plus tard.
 
Celles et ceux qui en souffriront seront une fois de plus les mêmes: les oubliés de l'école.
 
ATTENTION! Ce sont ceux-là qui grossissent un jour ou l'autre les troupes du parti de Marine Le Pen...
 
Christophe Chartreux
 
Ci-dessous, le projet Hamon pour l'Ecole...

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