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Vivement l'Ecole!

Emmanuel Macron ou l'imposture d'un "projet algorithmique"...

26 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Médias, #Macron

Résultat de recherche d'images pour "algorithme"

Les réseaux sociaux, les conversations entre amis, les repas de famille, les discussions au machines à café, bref tous ces lieux et moments de rencontres que prisent tant les français résonnent - et déraisonnent - de certitudes, d'affirmations, de prises de position, de condamnations, d'anathèmes, de prédictions - essentiellement de prédictions qui, dans l'immense majorité des cas, se révèlent fausses lorsque vient le terme de l'échéance - de plus en plus nombreuses à mesure qu'approche la date du premier de l'élection présidentielle.

Les chaines d'information en continu, télévisions et radios, ajoutent leur grain de sel, n'apportant rien de nouveau à une campagne d'une affligeante médiocrité. BFM TV et autres LCI ou RMC surfent sur l'écume en oubliant la houle. Les talk-show les plus indigestes se succèdent, enfermés dans le "show", certainement pas dans le "talk". Et, quand un politique ou un commentateur tente d'élever le débat, il est très rapidement rappelé à l'ordre médiatique. Pensez-donc! Il conviendrait de réfléchir!

Les candidats eux-mêmes semblent gagnés par l'obligation du "moins tu en dis, mieux tu te portes".

Parmi les "grands" candidats, "grands" par les sondages, pas toujours par les idées, Emmanuel Macron est incontestablement celui ayant poussé le curseur de la mesquinerie politique le plus loin vers le préfabriqué. 

Jusqu'à faire croire à ces sympathisants, bien plus qu'aux ralliés opportunistes ayant eux compris la martingale depuis longtemps mais attirés par l'odeur d'une possible place au soleil du pouvoir,  qu'ils "marchaient" pour construire ensemble. 

Alors que la totalité de son "projet" - Monsieur Macron n'a pas de "programme" - est fondé sur la volonté inquiétante d'une "gouvernementalité algorithmique", c'est à dire ni plus ni moins l'art consommé de ne surtout pas changer le monde.

Clara Schmelck, journaliste et philosophe des médias, rédactrice en chef d' "Intégrales" illustre mieux que je ne saurais le faire cette passion d'Emmanuel Macron pour la "politique Big Data".

Je cite:

(...)

"l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, s’est tournée vers Proxem, start-up spécialisée dans l’analyse sémantique de big data textuelle, en vue de tirer un maximum d’enseignements des propos des personnes interrogées, rapporte encore Rue89. Objectif : identifier les problèmes concrets que dit rencontrer tel ou tel bassin de population et fournir une cartographie des préoccupations dominantes des Français.

« Grâce à un moteur de recherche, on pourra croiser des critères, voir la manifestation d’un signal faible, vérifier des intuitions. Que disent les femmes, cadres supérieurs, des “commerces de proximité” ? Si 100 personnes en parlent sur 100 000, c’est du 0,1 % mais si elles en parlent c’est que ce point a de l’importance à leurs yeux. On peut se dire qu’il y a quelque chose à creuser. », détaille à Rue 89 François-Régis Chaumartin, DG de Proxem.

Les data-stratèges d’En Marche peuvent alors dégager des corrélations, identifier les préoccupations de certaines catégories socio-professionnelles, et décider de faire dans la pédagogie s’ils mesurent une différence entre la perception d’un phénomène et sa réalité (par exemple : l’Europe, l’immigration, le chômage)."

(...)

"A travers cette marche confortable, Emmanuel Macron s’est économisé bien des ampoules aux pieds, autrement dit, des années de militantisme pénible, des marchés pluvieux où les commerçants tancent les politiques, des chaises mal alignées lors d’interminables permanences du samedi, des discours prononcés devant une vingtaines de personnes le nez plongé dans leur gobelet en plastique. Soit autant d’expériences humaines qui vous apprennent l’humilité."

(...)

"Il serait illusoire de prétendre « découvrir », comme l’on découvre une vérité objective, un programme politique dans un faisceau de données. De plus, cette stratégie électorale basée sur la collecte et le tri des data encourage l’équipe de campagne à faire l’économie de l’interprétation, qui est un process pleinement humain : pourquoi tel ou tel citoyen rencontré, dans tel contexte, va vouloir attirer l’attention d’un politique sur tel ou tel phénomène ? Comment juger de la valeur d’un propos tenu par un(e) citoyen(ne) ? La syntaxe et la sémantique algorithmiques trient, mais ne hiérarchisent pas. La logique du « mot clef », du terme récurent, n’est pas celle de la recherche de la vérité de la parole.

Prendre le pouls du pays suppose de palper des pulsations humaines. En consultant une grammaire mathématique en guise de diagnostic politique, le candidat risque de manquer le coeur de la vie civile. La politique « En Marche » n’est plus complètement la politique chemin faisant. La marche de l’histoire ?"

L'intégralité du billet de Clara Schmelck est en ligne ci-dessous

Je ne sais ce que deviendra Emmanuel Macron. Totalement opposé à la politique fiction, je m'oblige à ne jamais prévoir dans un domaine n'ayant justement rien à voir avec la science. La politique doit rester humaine, avec sa part d'aléas, de surprises, bonnes et mauvaises, d' erreurs et de réussites. Elle ne peut être abandonnée aux mains d'apprentis-sorciers aveuglés par l'ambition et égarés dans la "technicité" toute puissante.

D'ailleurs, le candidat auto-proclamé d' En Marche sera, en cas de succès comme d'échec, obligé de composer avec l'humain. Ce qu'il fait déjà mais de manière cynique, collectionnant les ralliements, n'en refusant aucun et les abandonnant très vite.

Persuadé, s'il parvient à l'Elysée, de disposer d'une majorité législative, Emmanuel Macron devra  faire alliance.

Le maigrelet MODEM ne lui apportant que l'aura d'un Bayrou poussiéreux, il devra tendre la main à ceux qu'hier il tentait d'affaiblir pour "dépasser les clivages", autre bien dangereux simplisme. Sans ce geste, le candidat devenu Président ne pourra pas gouverner. En clair, rien ne sera possible sans le Parti Socialiste. Quel Parti Socialiste? C'est une autre histoire...

Et l'imposture algorithmique de Monsieur Macron, cette fois, n'y pourra rien!

Christophe Chartreux

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