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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Mohamed Choukri...

26 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "le pain nu mohamed choukri"

Je sentais de plus en plus le désir sexuel s'éveiller en moi. Il m'habitait avec force et insistance. Mes femelles n'étaient autres que les poules, les chèvres, les chiennes, les génisses... La gueule de la chienne, je la retenais d'une main avec un tamis. La génisse, je la ligotais. Quant à la chèvre et à la poule, qui en a peur ? ...

Ma poitrine était comme endolorie. Les adultes à qui j'en parlais me répondaient : "C'est la puberté". J'avais mal aux seins surtout au moment de l'érection. Je découvrais la masturbation de manière naturelle. Alors je ne me gênais pas. Je me masturbais sur toutes les images et les corps interdits ou tolérés. Quand j'éjaculais, je sentais comme une blessure à l'intérieur de ma verge.

Un matin, je montai sur le figuier et je vis Assia à travers les branches. Assia, ce devait être la fille du propriétaire de ce jardin. Elle marchait lentement vers le bassin. Elle va peut être me voir et prévenir son père, un homme qui ne souriait jamais, tel mon père qui, par sa violence, devait ressembler à bien d'autres hommes. La fille se retourna comme pour observer quelque chose ou quelqu'un, ou pour entendre des voix. J'aperçus ses yeux. Noirs et immenses. Très vifs. Elle faisait presque peur. Si je ne la connaissais pas, j'aurais dit une diablesse. Elle s'approchait avec délicatesse du bassin en se retournant. Avait-elle peur ? Pourquoi ce tâtonnement et ces hésitations ? Pourquoi marchait-elle ainsi ? Debout sur la marche qui mène vers le bassin, elle se regardait comme si elle était seule au monde. Elle retira sa ceinture. Son corps m'apparut dans toute son innocence. Sa robe s'ouvrit telle les ailes d'un oiseau qui tente en vain de s'envoler . Elle glissa sur ses épaules et je découvris son buste d'une blancheur éblouissante. Ele se retourna de nouveau. J'eus comme un vertige tant le plaisir était fort. J'étais ravi et stupéfait. Jamais auparavant mon corps n'avait connu un tel bouleversement. Je tremblai. Une figue tomba. J'en avalai une autre. Mon panier perdait ses figues. Le soleil se leva. Il était d'un rouge vif : un oeuf renversé dans un plat bleu. Les animaux saluaient cet éveil. Certains chantaient et roucoulaient. Au loin brayait un âne que je ne voyais pas. En fait , je ne voyais que celle qui ... se dévêtait. Assia nue. Je m'imaginais toute la planète dans sa nudité : les arbres perdant leurs feuilles, les animaux quittant leur chevelure. Nu. Tout l'univers se mettait nu. La robe glissa sur le corps d'Assia. Toute nue. Assia complètement nue. La fille du propriétaire du jardin était nue !

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