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Vivement l'Ecole!

Les portraits du jeudi, par Monique Royer - Accompagner vers un bel avenir... Nana Maminata...

16 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

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Nana Maminata a derrière elle plusieurs vies professionnelles déjà. Hier CPE, aujourd’hui faisant fonction de principale-adjointe, elle a réussi, passé la quarantaine, à exercer là où elle le souhaitait, le métier qu’elle désirait, au cœur d’un établissement de banlieue, auprès de jeunes qu’elle accompagne vers un avenir meilleur. Récit d’un parcours aux jolis détours.

Elle a grandi au Burkina-Faso, pays qu’elle a quitté pour suivre son mari français rencontré là-bas. Elle était alors assistante de direction. Elle arrête de travailler le temps d’élever ses enfants. Elle suit leur scolarité, observe, s’implique, se heurte parfois à des incompréhensions, rencontre de temps à autre des personnes qui lui donnent envie à son tour de travailler dans le secteur de l’éducation. «  J’avais trouvé ce que je voulais faire plus tard, éviter de produire les mêmes erreurs sur l’orientation et l’accompagnement qu’avaient vécues mon fils aîné.  » Une conseillère principale d’éducation particulièrement attentive lui donne envie de se diriger vers ce métier.

Elle intègre d’abord la filière administrative de l’Éducation nationale en réussissant le concours de secrétaire, puis dix ans plus tard tente celui de conseiller principal d’éducation. Entre temps, elle a travaillé auprès d’une cheffe d’établissement qui lui a fait confiance, a partagé beaucoup et l’a encouragée à franchir le pas. «  J’ai vu comment elle s’occupait de chaque élève, répétant avec conviction qu’elle était là pour eux. Quand je suis devenue CPE, j’ai compris qu’il fallait insister là-dessus, que pour toute décision, il fallait se poser la question de l’intérêt de l’élève.  » Elle fait son année de stage à Paris et choisit dès sa titularisation d’exercer son nouveau métier en Seine-Saint-Denis, là où elle a le sentiment qu’il existe des profils d’élèves pour lesquels l’accompagnement se doit d’être plus intense. Elle remplace un collègue charismatique parti à la retraite après 30 ans de présence dans le collège, affirme son approche en s’affranchissant de la comparaison. Aujourd’hui, elle fait fonction de principale-adjointe, mais, nous dit-elle, est «  toujours CPE d’une façon ou d’une autre car on fait beaucoup de vie scolaire, de gestion du temps et de l’espace  ».

Un certain recul

Elle se souvient en riant que pendant son année de formation, les autres stagiaires avaient l’âge de ses enfants. Elle se sent bien dans le groupe, apportant un certain recul sur les relations humaines, le rapport aux élèves. Les autres sont curieux de son parcours, de son arrivée tardive dans la profession. Elle s’en amuse mais elle ne voit pas dans son choix un quelconque brin d’extraordinaire, elle a juste réussi ce qu’elle souhaitait faire. Le mot accompagnement résume à lui seul ce souhait, dans son acception pleine, celle qui reconnaît l’élève dans son individualité avec son vécu, ses capacités, sa fragilité et se propose de l’aider à se construire un chemin qui lui est propre. «  La relation vécue par l’enseignant en classe est différente avec en face 25 à 27 élèves. En tant que CPE, j’arrive à avoir une relation individuelle.  »

Quand un problème survient en classe, elle s’attache à recevoir le collégien de façon calme, apaisée, pour l’amener à se poser, pour laisser un espace d’expression, amener vers le questionnement et la prise de conscience. «  Dans 95 % des cas, les élèves reconnaissent leurs actes et souhaitent s’excuser. Cet accompagnement-là est fait pour que l’élève revienne en cours apaisé et qu’il reprenne confiance dans sa relation avec l’enseignant.  » Elle n’oublie pas qu’ils sont là pour se construire un projet, alors que souvent, empêtrés dans un contexte familial et éducatif tumultueux, ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils aimeraient devenir. Elle se souvient de sa surprise lors de sa première rentrée en constatant qu’à l’entrée du collège, les bonjours étaient absents. Elle s’obstine alors à saluer chacun, les nommant petit à petit et recueillant en retour des salutations souriantes. Ce geste simple est pour elle une façon d’intégrer le respect dans les relations, de repérer aussi ceux dont le visage exprime les soucis ou le mal être.

(...)

Monique Royer

Le billet complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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