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Vivement l'Ecole!

"S’il y avait quelque chose qui comptait encore plus que l’action publique, ce serait la culture sous toutes ses formes et pour tout le monde"... Manuel Valls

17 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Culture

cij.valdoise.fr

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EXTRAITS

Devant la rédaction de «Libération» et ses «agitateurs», l’ex-Premier ministre a défendu bec et ongles son bilan et répondu sur la politique économique, l’Europe, les réfugiés, Donald Trump…

Dernier des candidats de la primaire de «la Belle Alliance populaire» à se présenter devant Libération, Manuel Valls a trouvé l’exercice «vivifiant». Travail, Europe, Trump, «identité heureuse», migrants, politique pro-entreprises, il n’a rien esquivé. En tension comme un sportif dans le sprint final, il a martelé que, s’il est en lice, c’est pour gagner. La primaire puis la présidentielle. La route est encore longue.

(...)

(Amar Henni, éducateur) Vous parlez beaucoup de laïcité, notamment à l’école. Mais il y a aussi un temps d’éducation hors de l’école qui est important. Et rien n’est proposé sur cette éducation hors les murs, pourtant essentielle, même dans la lutte contre la radicalité jihadiste. Pourquoi ne l’abordez-vous pas ?

Je suis d’accord avec vous. Dans nos quartiers populaires, il y a les familles, l’école. Mais derrière, on a les éducateurs de rue, les animateurs, les centres de loisir… Il y a par exemple un secteur profondément en crise aujourd’hui : la psychiatrie et de la pédopsychiatrie. Or on sait que les ruptures d’une partie de nos gamins sont liées à la violence, au contexte familial, à la perte d’autorité car le père n’est pas là, à la drogue, au décrochage scolaire. La réponse, d’abord, est dans ce secteur pédopsychiatrique. Et les militants de la laïcité, du terrain, doivent être davantage aidés.

(Leïla Slimani) Je suis écrivaine. Je vous ai entendu dire dans une interview que la prochaine élection se jouerait sur des enjeux culturels et identitaires, que ce serait une des grandes questions de cette élection. Pourriez-vous être, d’une certaine façon, à gauche, le porteur de l’identité heureuse ? Indépendamment de celui qui a inventé et porté ce concept, est-ce une idée qui vous parle ?

Il n’est pas illogique que la France s’interroge, en tout cas maintenant, sur son destin et sur ce qu’elle est. Cela explique en grande partie une forme de dépression nationale, qui n’est pas nouvelle. Peut-être parce que ce pays, qui est une grande puissance, qui a une grande histoire, on ne lui dit pas suffisamment ce que doit être son rôle dans le monde - c’est ce que j’essaie de faire. Mais je ne sais pas s’il faut accoler un mot. C’est comme la mondialisation, heureuse ou pas ? L’identité heureuse ? En tout cas, il faut que nous soyons capables de réexpliquer ce qu’est la France. Je le fais en rappelant que nous avons des racines chrétiennes, pourquoi les nier ? Nous accueillons aussi la plus vieille communauté juive d’Europe, et l’islam est la deuxième religion de France. Il faut la voir comme une chance. Moi, je veux une France fière, fière de ce qu’elle est, fière de sa diversité, fière aussi de son métissage, le métissage n’étant pas l’oubli des origines des uns et des autres. C’est ce que je veux porter et incarner : une France fière et heureuse. Mais la question du bonheur est d’une autre nature, on le voit dans votre dernier ouvrage…

(Leïla Slimani) Ce n’est pas ma spécialité (Rires).

La question du bonheur est d’une autre nature, sur laquelle le politique est plus prudent… (Sourires). Mais la fierté, une fierté ouverte, oui, je crois que c’est important.

(...)

Selon votre programme, en matière de culture vous voulez «défendre notre patrimoine, redonner des moyens à notre politique patrimoniale. Mener une politique ambitieuse pour la maîtrise de la langue française». A l’heure de Netflix, d’i-Tunes, n’êtes-vous pas un peu à côté des enjeux ?

Vous avez rarement un responsable politique qui parle de culture. Et là, vous me ramenez à la caricature. Regardez ce que j’écris ou ce que j’ai dit. Cela ne me donne pas de lettres de noblesse particulières, mais je suis le fils d’un artiste-peintre et je suis marié avec une musicienne. S’il y avait quelque chose qui comptait encore plus que l’action publique, ce serait la culture sous toutes ses formes et pour tout le monde. Une erreur a été faite, celle de baisser le budget de la culture entre 2012 et 2014. S’il y avait une raison pour Aurélie Filippetti [de démissionner], c’était à ce moment-là, pas lorsqu’on a augmenté son budget. Et nous avons quand même sauvé les artistes de ce pays et leur modèle unique d’intermittence. Enfin, sur la langue française, c’est un sujet transversal. Le Président doit incarner la langue, car c’est un outil d’influence. On a trop reculé à l’étranger dans l’enseignement du français. L’illettrisme, ce sont 4 à 6 millions de nos compatriotes en métropole et dans nos outre-mer. Il faut porter cette lutte.

Libération

Entretien complet à lire ci-dessous

Toujours dans le même numéro de Libé:

Il est demandé à Manuel Valls quel serait son premier grand discours:

"Sur la culture, la langue française, la lutte contre l'illettrisme, à la philarmonie de Paris"

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