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Vivement l'Ecole!

Médias: commentez moins... Analysez plus....

9 Janvier 2017 , Rédigé par Libération Publié dans #Médias

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A l’heure du post-journalisme politique

Au-delà de l’activité  médiatique qu’engendre la période électorale, le journalisme politique  devrait moins commenter mais plus analyser les discours de ceux qui  prétendent au pouvoir.

Sauf si l’on se rend exprès aveugle, il n’est pas possible de ne pas constater aujourd’hui qu’en politique les qualités requises pour être élu ne sont pas identiques à celles qu’exige l’art de gouverner - et sont même antinomiques. C’est ce qui explique qu’accèdent à la députation ou au gouvernement des Etats des personnages - Donald Trump et Silvio Berlusconi en sont les parangons - dont on ne peut pas dire d’emblée qu’ils ont le sens de l’Etat, mais dont il est sûr qu’ils possèdent le don des affaires, souvent immobilières, et la maîtrise des outils de médiatisation. Mais ce qui explique aussi que la question de l’«élection» soit devenue le nec plus ultra de la politique, ou l’unique leitmotiv, notamment lorsque dans une république l’élection d’un président se fait au suffrage universel.

En France, quelques semaines après l’élection de François Hollande, on a déjà commencé à parler de l’élection présidentielle suivante, dans un crescendo qui, depuis la moitié du quinquennat, a touché la frénésie, et, avec la primaire, la pré-primaire, d’abord de la droite, à présent de la gauche, les supputations sur les candidats probables, improbables, éventuels, possibles, souhaitables, présentables, imprésentables, a atteint l’hystérie et la saturation. Dès que les Français auront élu le prochain président, le cirque recommencera, et on spéculera sur les «chances» qu’aura X ou Y d’être élu en 2022. Le mot «cirque» peut paraître excessif, mais, en réalité, il s’agit bien de cela : les qualités pour être élu(e) n’ont rien à voir avec des talents, des qualités morales ou techniquement politiques. Elles doivent avoir pour caractéristique celle de «faire spectacle», d’«occuper» la scène médiatique et de la remplir de «bons mots», de buzz, de petites phrases, d’éléments de langage, de fast thinking ou de cui-cui instantanés relayés jusqu’à plus soif par les réseaux sociaux. L’important dès lors n’est pas la vérité de ce qu’on dit, mais l’impact, lequel tient à la violence, à la bizarrerie, à l’incongruité, à la surprise, à l’énormité de la parole. Nul ne connaissait l’existence de Jean-Frédéric Poisson : il a suffi qu’il dise une bêtise sur les «lobbys sionistes» et se rétracte aussitôt après, pour avoir une place réservée dans ledit cirque, être pris en considération par les médias - alors qu’il ne représentait strictement rien (il a obtenu 0,3 % des voix à la primaire de la droite !).

(...)

Robert Maggiori

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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