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Vivement l'Ecole!

Démissions d'enseignants... Une progression à relativiser...

9 Janvier 2017 , Rédigé par Alterecoplus Publié dans #Education

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Comment expliquer la progression des démissions d’enseignants

Plusieurs articles récents s’inquiètent d’une hausse sensible des démissions d’enseignants. L’information a d’abord été diffusée dans un rapport sénatorial présenté par Jean Claude Carle (LR) et Françoise Férat (UDI) et reprise par le Café Pédagogique. Puis ensuite, de nombreux articles ont titré sur la « progression spectaculaire » des démissions qui « bondissent » et autres formules chocs qu’on trouve aujourd’hui dans les titres.

Ces données sur les démissions sont intéressantes parce que ce sont des chiffres relativement peu diffusés et connus. Il convient toutefois de les nuancer. Il faut aussi s’interroger sur la nature de ces démissions et les questions que cela pose à la machine Education nationale. Et on peut aussi se questionner sur les raisons pour lesquelles ces chiffres nous interpellent et résonnent dans notre imaginaire collectif à propos de l’enseignement.

Une progression réelle mais qu’il faut relativiser

Les sénateurs se sont procuré des chiffres fournis par le ministère. Ils révèlent, selon les parlementaires, « une progression inquiétante du phénomène auprès des enseignants stagiaires, particulièrement dans le premier degré ».

De 65 stagiaires démissionnaires en 2012-2013, on passe à 434 en 2015-2016. Leur taux de démission est ainsi passé de 1 % en 2012-2013 à 3,2 % en 2015-2016. Soit un triplement sur la période. Cette augmentation des démissions d’enseignants stagiaires s’observe aussi dans le second degré, même si elle est moindre : de 1,1 % à 2,5 % depuis 2012 (de 120 à 371). Cela concerne également les enseignants titulaires. Ils étaient 539 démissionnaires dans le premier degré l’an dernier (contre 299 en 2012-2013) et 641 dans le second degré (contre 416 en 2012-2013). Le nombre global de titulaires démissionnaires a ainsi doublé en sept ans, passant de 638 pour l’année scolaire 2009-2010 à 1 180 pour 2015-2016.

Ces chiffres sont significatifs mais doivent être nuancés. Car au regard de la masse totale d’enseignants, le pourcentage de démissions reste très faible. Il faut rappeler qu’il y a à peu près 800 000 enseignants du public en France. Il importe donc, comme on le fait en cours de sciences économiques et sociales (et dans d’autres cours !) quand on étudie les statistiques, de distinguer le volume et la proportion. Et ici, on reste dans des proportions assez faibles (à peine 0,1 % du corps professoral).

On peut aussi souligner que, comme il y a eu davantage de recrutements, il y a mécaniquement une proportion plus importante de démissionnaires (le recrutement dans le premier degré a augmenté de 126 % entre 2012 et 2015, les démissions ont augmenté de 567 %).

Il ne s’agit donc pas de nier l’augmentation de ces démissions et encore moins qu’il y ait un problème. Mais beaucoup de personnes se sont déjà emparées de ces données pour alimenter un discours décliniste et de déploration. Lorsque les auteurs du rapport parlent de « progression inquiétante », on ne peut non plus exclure qu’ils forcent le trait avec une arrière-pensée politique… Il faut donc relativiser. Et surtout s’interroger sur les raisons de ces démissions.

(...)

P Watrelot

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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