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Vivement l'Ecole!

Comment mieux évaluer le travail des élèves?...

17 Janvier 2017 , Rédigé par CNRS Publié dans #Education

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Des chercheurs testent actuellement, dans 70 collèges et lycées, une alternative au traditionnel système de notation : l’évaluation par compétences. Si les premiers résultats sont prometteurs, l’expérience est bien loin d’être finie. Décryptage.

La nouvelle a fait les gros titres de la presse française il y a quelques semaines : une étude scientifique préconiserait l’abandon des notes à l’école. Dans un pays attaché de longue date à la notation de 0 à 20, l’annonce a aussitôt fait l’objet de débats aussi intenses que… prématurés. En effet, les résultats dont les commentateurs se sont emparés ne sont que les tout premiers d’une expérience en cours, menée depuis la rentrée 2014 dans 70 collèges et lycées de l’académie d’Orléans-Tours. Cette étude ambitieuse livrera ses réelles conclusions dans de longs mois, en 2018. Il n’en reste pas moins qu’elle interroge déjà, et dans des proportions inédites, l’évaluation du travail scolaire telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui.

Des notes subjectives et anxiogènes

« Contrairement à ce que l’on a pu lire çà et là, notre but n’est pas de faire disparaître la note pour le plaisir de la faire disparaître, mais d’en promouvoir un usage raisonné pour renforcer la qualité des apprentissages, précise d’emblée Alain Diger, doyen des inspecteurs pédagogiques de l’académie et instigateur de cette expérimentation. Une jauge est nécessaire pour les élèves et les parents. Mais la manière dont l’évaluation est pratiquée aujourd’hui dans la plupart des classes est excessivement centrée sur une notation systématique et, à ce titre, archaïque. »

De fait, nombre de travaux en docimologie (science de la notation) montrent que la notation chiffrée pèche par sa subjectivité, la valeur d’un 15, par exemple, variant d’un enseignant à l’autre dans n’importe quelle discipline. Autre biais majeur : la notation, en plus d’être anxiogène, n’est guère informative. « Une note est un indicateur très fruste, explique Alain Diger. Elle sert davantage aux élèves à se situer les uns par rapport aux autres qu’à identifier les points sur lesquels ils doivent concentrer leurs efforts pour progresser. Par ailleurs, la note, en exacerbant la compétition au sein de la classe, véhicule son lot de vainqueurs mais aussi de vaincus. Elle amplifie les inégalités scolaires et renforce le déterminisme social, des effets délétères dont le système éducatif français souffre exagérément. »

D’où l’idée de tester de la sixième à la seconde un nouveau type d’évaluation à l’échelle d’une académie entière (une première en France !), et de confier la supervision d’une partie de cette expérience à des chercheurs en psychologie pour en mesurer scientifiquement les effets. Conduite auprès d’un échantillon de 1 627 élèves de troisième répartis en deux groupes1 et centrée sur trois disciplines (français, histoire-géographie, mathématiques), l’étude pilotée par Céline Darnon et Pascal Huguet, du Laboratoire de psychologie sociale et cognitive2, et Isabelle Régner, du Laboratoire de psychologie cognitive3, fait la part belle à l’évaluation par compétences.

Philippe Testard-Vaillant

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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