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Vivement l'Ecole!

J'ai été confrontée à l'angoisse des collégiens après les attentats...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Louise Tourret - Slate Publié dans #Education, #Politique

20minutes.fr

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Les attentats du 13-Novembre, à Charlie Hebdo, à Nice ont obligé les parents à expliquer le terrorisme aux enfants. Un passage dans un collège parisien montre que les élèves ont toujours besoin de comprendre ce qu'il se passe dans leur pays.

Vous avez des enfants autour de vous? Ils ont peur depuis les attentats, peur du terrorisme? J’ai passé une grande partie de l’été, après l'attentat du 14 juillet à Nice, à expliquer à mon fils qu’on pouvait prendre le train, marcher dans la rue, aller à une fête foraine… En fait, j’avais peur. Et il a fallu en parler beaucoup pour essayer de faire baisser la tension. Au mois d’août, on apprenait que des exercices pour se préparer à d'éventuels attentats allaient être organisés dans les écoles. Et qu'il allait falloir devoir aborder encore ce sujet sensible dans les classes. Les enseignants avaient déjà dû y consacrer du temps après les attentats de janvier et novembre 2015.

J’avais pu constater, à travers de multiples entretiens et interviews, à quel point les élèves avaient besoin de parler de ce sujet. Nous sommes des millions dans ce cas. Parler des attentats, c’est aussi évoquer la façon dont on en parle, dont on parle des terroristes, de leurs motivations, ainsi que des raccourcis éventuels faits avec la religion. C’est questionner la manière dont nous nous informons, essayer de surmonter ses propres émotions. Vous trouvez que cela fait beaucoup pour un enfant de 7, 11 ou un ado de 13 ans? Pourtant, il semble que c’est exactement ce dont ils ont besoin. Juste de parler.

Mais, à la vérité, je ne pensais pas du tout à cela en me rendant à un atelier découverte média du collège Gérard Philippe, Paris XVIIIe  pendant les vacances de la Toussaint. Un atelier pour parler de mon métier dans un collège. Je connais déjà bien ce coin du nord de Paris, après Marcadet Poissonniers, près des voix de chemin de fer qui partent de la Gare du nord. Je viens à l’invitation de Laura Mougel, professeur d’Histoire-Géographie en charge de cet atelier. Nous devions discuter de mon travail. Nous avons parlé de l’islam, du regard des médias sur la religion, du terrorisme, du complotisme. La discussion était à la fois très angoissante –du fait des questions abordées– et rassurante, parce que je pouvais sentir à quel point ils avaient envie et besoin d’échanger sur ces questions. Je l’entends, la défiance envers les médias est bien présente, forte et elle appelle des réponses.

Laura Mougel: «Un petit groupe d'élèves de 6, 5 et 4e me suit depuis l'année dernière dans divers ateliers “découverte des médias”. Dans cet atelier, le temps importe moins et les élèves se risquent à toutes les interrogations: dernièrement sur la laïcité dans nos écoles, la liberté de culte, le mariage pour tous, l'homosexualité, les questions de genre, le terrorisme... Et on se surprend en tant que prof à découvrir une nouvelle facette de certains enfants. Tous les élèves se posent des questions, c'est même la base de l'apprentissage et de tout cheminement intellectuel. Mais ils restent des enfants, avec leur naïveté (comme croire des infos invraisemblables), mais avec aussi parfois une perspicacité qu'on ne soupçonnerait pas. Et également une angoisse très présente sur certains sujets qui m'interpelle beaucoup, sur l'extrême droite, le racisme, les terroristes, la guerre, la méfiance envers les médias traditionnels...

(...)

Louise Tourret

Suite et fin ci-dessous

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