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Vivement l'Ecole!

Engagement éducatif...

12 Novembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

Engagement éducatif...

Illettrisme est un terme à tiroirs, ceux où se glissent les confusions, les idées reçues. Depuis seize ans, l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) tisse avec des acteurs institutionnels ou de terrain, un cadre de référence et des initiatives pour reconnaître les situations diverses que le terme décrit et accompagner les personnes dans la maîtrise des savoirs de base qui leur font défaut. Rencontre avec Éric Nedelec, son coordonnateur de l’action nationale et territoriale, dont l’engagement éducatif a tracé la trajectoire professionnelle.

Cet engagement remonte à son adolescence lorsqu’il travaille l’été comme animateur de centre de loisirs et prépare son brevet d’animateur avec les Francas. Il retrouve là les accents de l’éducation populaire telle qu’il la fréquente depuis l’enfance auprès du Comité d’entreprise d’une industrie métallurgique de Saint-Chamond, là où travaille son père. L’accès à la culture, au théâtre, à une vaste bibliothèque dont il prend d’assaut les livres, méthodiquement, par ordre alphabétique, il le goûte là. Jeune déjà, il est engagé politiquement, syndicalement, et son expérience de l’animation le fait hésiter dans ses choix d’avenir entre l’enseignement et le droit du travail. A 20 ans, il devient instituteur, sans vocation réelle, et découvre un métier qu’il apprécie.

Son premier poste fixe se trouve dans une école publique de milieu rural à classe unique, qui sera sauvée de la fermeture grâce à une lutte menée avec les parents d’élèves. «  Je fais partie de cette génération d’instituteurs qui avaient un engagement très fort sur la question de la laïcité.  » Cet engagement le mène vers un conseil syndical départemental puis, quelques années plus tard, il quitte son poste d’enseignement pour devenir permanent aux Francas de la Loire. Encore aujourd’hui, il se réfère à ce qu’il a découvert, ce socle de valeurs bâties au sein d’un mouvement d’éducation populaire jeune, qui promeut la littérature jeunesse, et s’intéresse à la coéducation. L’idée d’écosystème éducatif, dans une complémentarité entre les sphères éducatives, est explorée. «  On s’est dit qu’on ne pouvait pas faciliter la réussite éducative des petits si l’on ne s’intéresse pas aux parents. On a décidé d’aller aussi sur le champ de la formation pour adultes.  »

Rencontre avec l’illettrisme…

Il restera permanent quatre ans. A son retour en classe, il se sent un peu à l’étroit. Il donne des cours d’arithmétique pour le Greta les mercredis après-midi auprès d’ouvriers de la métallurgie dans le cadre d’un plan de reconversion. Certains parmi eux sont en situation d’illettrisme. Eric Nedelec en fait le constat a posteriori, la notion lui était encore peu connue. Il se plaît en formation pour adultes, alors lorsque le Greta ouvre un Atelier pédagogique personnalisé, il accepte d’en devenir coordonnateur-formateur. «  Ça a agit comme un déclic. Des parents d’élèves en difficulté que j’avais eus en classe, je les ai retrouvés là. Et chaque fois que ces adultes renouaient avec les savoirs de base, ils avaient la même réaction en disant “je vais pouvoir aider mon fils, ma fille”.  »

Il se forme beaucoup, sur les méthodes d’éducabilité cognitive notamment, en «  autodidacte éclairé  » nous dit-il. Au bout de sept ans, il passe le concours de Chargé de formation continue, est nommé dans un petit Greta où il retrouve sa préoccupation du service public. Il est chargé du secteur chaudronnerie et de celui des formations générales, et voit là une belle conciliation entre son attrait pour le monde industriel et son souci de développer des formations sur les savoirs de base, une bonne stimulation aussi de sa créativité. «  C’était une des plus belles périodes de ma vie professionnelle.  »

Il découvre le cadre national de référence de l’ANLCI lorsqu’il répond à un appel à projet pour la création d’un atelier pédagogique Illettrisme. Au bout de sept ans, le charme se brise sur l’écueil de la logique économique. Une formation pour laquelle il s’est battu n’ouvre pas, tombe sous le couperet du seuil de rentabilité, argument à rebours de son souci du service public.

(...)

Monique Royer

Suite et fin en cliquant sur le lien ci-dessous

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