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Vivement l'Ecole!

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Téléphone portable en cours... J'avoue!...

23 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Telephone portable, #Politique

Téléphone portable en cours... J'avoue!...

J'avoue!

Je fais utiliser le téléphone portable à mes élèves (4e et 3e/Je n'ai que ces deux niveaux) en cours!

Voilà, c'est fait! J'avoue!

Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée, président jeune, dynamique, résolument tourné vers l'avenir qu'il annonce évidemment radieux à la seule condition de lui faire confiance, j'avais cru comprendre que l'Ecole - au sens le plus large - serait l'un des champs d'application majeurs favorisant la concrétisation sur le terrain - et quel terrain! - de l'innovation.

Force est de constater, à l'issue de quatre mois d'exercice du pouvoir, que l'Ecole échappe à toute tentative d'innovation.

Car qu'avons-nous eu à nous mettre sous la dent sinon des annonces, beaucoup d'annonces, pour le moins marquées par la tradition bien plus que par une quelconque "révolution":

- distribution des Fables de La Fontaine dans trois académies;

- "retour" du latin et du grec;

- mise à mort lente de la semaine de 4,5 jours en primaire;

- "retour" aux fondamentaux;

- réveil d'une ancestrale querelle épuisante car dépassée au sujet des méthodes d'apprentissage de la lecture... Ah ce "bonheur" de soulever la poussière du conflit "Syllabique/Globale"!

- haro sur les "pédagogistes" et l' "égalitarisme";

- évaluations en CP et en 6e, le tout sans la moindre concertation;

- etude des oeuvres littéraires en collège, respectant la chronologie. Lagarde et Michard en modèle innovant? Quelque chose a du m'échapper;

- un petit peu de neurosciences pour "faire contemporain" sans doute...

- un zeste d'autonomie des personnels de direction pour montrer qu'on est entré en "libéralisme" bon teint et que l' "autonomie" c'est la liberté. Et la liberté, cela ne peut pas être contestée. Liberté - Egalité - Fraternité... Tout ça. Fermez le ban!

- et donc, l' interdiction du téléphone portable en collège. (dans un but sanitaire indique le Ministère). Les élèves de CM2, qui ont des téléphones portables pour la plupart d'entre eux, ainsi que les lycéens, ne bénéficiant pas de la même attention et pouvant donc, curieusement, se mettre en danger... Je rappelle aussi que 98% des collèges interdisent DEJA, par les biais des règlements intérieurs, l'utilisation du téléphone portable dans l'enceinte du collège

Pour ne citer que les propositions ou applications d'idées que même un macronien cent pour cent "pur jus" ne peut, sauf mauvaise foi, qualifier d'innovantes.

Tout cela a un mérite politique évident:

rassurer les parents! Car l'Ecole sous Emmanuel Macron, c'est D'ABORD un moyen de véhiculer des messages destinés aux adultes!

Mais revenons au téléphone portable...

Donc, je le fais utiliser par mes élèves en cours. Je n'ai, au passage, jamais trouvé cela d'une audace folle tant c'est facile, pratique, pédagogique - un gros mot? - et très utile à toutes et tous: élèves et professeurs.

Une pratique encadrée, justifiée toujours, limitée dans le temps, surveillée, jamais systématique et provoquée à ma SEULE initiative.

Aucun élève n'a jamais abusé. Au contraire, cette pratique, nouvelle pour eux qui se servent de leur téléphone portable pour échanger avec des camarades, jouer et se prendre en photos, les a initiés à une utilisation différente de cet appendice quasi permanent. Leur regard sur l'objet de leur rêve a changé. Il n'est plus seulement un "jouet" mais véritablement un outil de travail, une aide, une banque de données, que sais-je encore? Et un nombre non négligeable d'entre eux m'a affirmé l'utiliser plus "intelligemment", parce que le considérant tout à coup, non plus uniquement comme un assemblage technique de gadgets, mais comme un moyen de progresser, de réussir, de travailler.

Voilà pourquoi, au nom de ma liberté pédagogique, je m'autoriserai à permettre aux élèves d'utiliser en classe leur téléphone portable.

J'innove...

Christophe Chartreux

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" Que s'est-il passé ? " - " 2017 : la révolution de velours ? " (Video)

23 Septembre 2017 , Rédigé par Fondation Jean-Jaures Publié dans #Politique

Et toutes les interventions du colloque en cliquant ci-dessous

Je pense, après avoir visionné la presque totalité des interventions,  qu'il y a à dire et redire, comme après tous les colloques, mais surtout beaucoup de choses à retenir...

Pour celles et ceux qui réfléchissent et travaillent:

- à la reconstruction de la sociale démocratie en général, du Parti Socialiste en particulier;

- à l'alimentation d'un corpus d'idées qui à la fois rassurent (les français veulent être "rassurés"; ils ne savent pas toujours pourquoi, ne parviennent pas à nommer la "menace", mais éprouvent ce besoin de "rassurance") et fassent rêver.

En ne renouvelant pas les erreurs passées...

Christophe Chartreux

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Revue de Presse Education... Polémiques - Pédagogie - Supérieur...

23 Septembre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Polémiques - Pédagogie - Supérieur...

Ce vendredi, il est beaucoup question des suites de diverses polémiques, mais aussi de pédagogie et d’enseignement supérieur.

Polémiques

Les Echos s’intéresse au MEDEF, qui fait semblant de s’excuser après l’indignation suscitée par un de ses slogans de campagne sur l’éducation : « Pierre Gattaz a éteint la polémique qui enflait. Les enseignants avaient ressenti comme une insulte un slogan de la campagne du Medef sur l’éducation. » En réalité, Pierre Gattaz n’a convaincu personne avec ses excuses qui n’en sont pas. Europe 1 se fait d’ailleurs l’écho de l’agacement de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT : « Pour le patron de la CFDT, Pierre Gattaz ferait mieux d’"assumer ses responsabilités" en développant l’apprentissage et l’emploi des jeunes.

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a jugé vendredi "scandaleux" le slogan d’une campagne de communication du Medef qui proclamait "Si l’école faisait son travail, j’aurais un travail", retiré jeudi après avoir provoqué la colère des enseignants.

Gattaz "ferait mieux d’assumer ses responsabilités". "Le mal est fait, c’est scandaleux", a estimé Laurent Berger sur RTL, en se disant "choqué" et en jugeant que les excuses de l’organisation patronale étaient "scandaleuses aussi dans le contenu car elles laissent à penser que le chômage des jeunes serait de la seule responsabilité de l’école alors que l’apprentissage, l’emploi des jeunes, ça dépend aussi beaucoup des entreprises". Pierre Gattaz, le numéro un du Medef, "ferait mieux d’assumer ses responsabilités et de faire en sorte qu’il y ait un développement de l’apprentissage, un développement de l’emploi des jeunes (...) plutôt que de stigmatiser les enseignants", a ajouté le secrétaire général de la CFDT, en soulignant que cette affaire "illustre bien un patronat assez dogmatique" en France, "qui nous pose un vrai problème". »

Pendant ce temps, après avoir tenté hier d’apaiser la colère des enseignants par une intervention plutôt bienvenue, M. Blanquer lâche du lest concernant les évaluations de CP, d’après le Café pédagogique : « « Il est important que cette évaluation se déroule dans un climat de bienveillance.. sans aucun esprit de compétition ». Dans une lettre aux professeurs des écoles, Jean-Marc Huart, directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco) lève les consignes d’application de l’évaluation de CP. « Vous avez la possibilité d ene faire passer qu’une partie des exercices », écrit-il. « Les durées de passation doivent être considérées comme indicatives ». Le ministère reprend donc à son compte les consignes données par les syndicats de s’affranchir nettement du cadre de ces évaluations. Mais la Dgesco remet à plus tard. Elle annonce « la construction d’un nouveau protocole » pour la prochaine rentrée « sous l’égide d’un conseil scientifique placé auprès du ministre », reprenant une demande d’E Gentaz et L Sprenger Charolles publiée dans le Café. C’est reculer pour mieux sauter. »

Il est aussi question, dans une tribune du Monde, du débat autour de la nécessité ou pas de débaptiser les collèges et lycées Colbert : « Dans une tribune au « Monde », Aurélien Dupouey-Delezay, professeur d’histoire-géographie, estime que si le ministre de Louis XIV contribua à légaliser l’esclavage, vouloir retirer son nom des écoles témoigne d’une incapacité à assumer l’histoire. »

Enfin, le Café pédagogique rend également compte de la décision de la rectrice d’Orléans-Tours de modifier le calendrier des vacances de printemps : « C’est déjà confirmé pour une académie celle d’Orléans Tours mais d’autres académies devraient suivre. Les vacances de Printemps prévues pour la période du 21 avril au 7 mai, sont décalées du 25 avril après la classe au 14 mai au matin. Il s’agit pour le moment d’une proposition de l’académie d’Orléans Tours. Pour devenir officielle, cette modification doit devenir un décret si elle concerne toute la zone B. Au niveau d’une académie, un arrêté rectoral suffit. Mais la mesure va suivre son cours nous a confirmé le ministère. Il reste deux inconnues. D’une part le nombre d’académies qui suivront : toute la zone B ou pas ? D’autre part les réactions des parents. Certains ont déjà réservé sur la période officielle. En modifiant un calendrier publié officiellement, l’académie d’Orléans Tours et le ministère prennent des décisions qui affectent des milliers de familles. En attendant la mesure illustre la volonté d’autonomiser les académies. »

Pédagogie

Le JDD s’intéresse aux apports pédagogiques des neurosciences : « Les scientifiques étudient le fonctionnement du cerveau des enfants quand ceux-ci apprennent à lire ou à compter Les maths pourraient démarrer dès 4 ans. Quant à la méthode globale pour apprendre à lire, elle est inadaptée. »

L’Ifé rend compte d’un projet autour des relations parents-profs en lycée professionnel : « Deux équipes pluridisciplinaires en lycée professionnel, avec des contextes contrastés, se sont mis au travail sur la question des relations avec les parents de leurs élèves. Qui sont ces parents ? Pourquoi et pour quoi chercher à entrer en relation avec eux ? Comment s’y prendre ? »

Enfin, le portrait du jeudi de Monique Royer rend hommage à l’un des éminents rédacteurs de la présente revue de presse, Pascal Thomas : « Le métier de chef d’établissement est de ceux dont les représentations brouillent le rôle. Entre injonctions verticales et nécessité de mener au mieux un vaisseau animé par des personnes diverses, élèves, personnels, parents, vers le cap de la réussite scolaire, la fonction se vit dans un quotidien mouvant. Pascal Thomas, principal du collège Mont-Bar à Allègre en Haute-Loire, mise sur le collectif et les projets pour atteindre le cap en n’oubliant personne sur les rives. »

Supérieur

Il est encore beaucoup question de prérequis et de sélection, ainsi que d’APB et de ses ratés. Educpros s’intéresse par exemple au jugement rendu par le tribunal administratif de Bordeaux, saisi par des étudiants : « Dans un jugement rendu le 21 septembre 2017, le tribunal administratif de Bordeaux enjoint à l’université de la ville d’inscrire trois étudiants en L1 Staps. Une première depuis la publication de la circulaire ministérielle d’avril 2017, qui avait pour but de légitimer le recours au tirage au sort. Le texte ne protège donc pas les universités contre les recours. »

Le tirage au sort est de toute façon contesté par les universités elles-mêmes, comme le constate BFMTV : « Face à l’arrivée croissante d’étudiants dans l’enseignement supérieur, certaines facultés se tournent vers de nouveaux modèles pour permettre à tous d’avoir accès à l’université. Hors de question pour ces universités de se résoudre à accepter un modèle de tirage au sort pour la sélection des étudiants. »

Le Monde note que le tabou de la sélection à l’entrée des universités est en train d’être levé :« Après les polémiques sur l’Admission post-bac et le tirage au sort parfois pratiqué, la ministre de l’enseignement supérieur a engagé une réflexion sur l’instauration de prérequis à l’entrée à l’université. »

Enfin, Boursorama se penche sur l’afflux de nouveaux étudiants : « La rentrée universitaire 2017 est exceptionnelle à plus d’un titre : après une crise inédite autour de la plateforme d’admission post-bac (APB) débordée par l’afflux de postulants, étudiants, universités, enseignants et ministère sont en négociations pour tenter de sortir de l’ornière »

Je vous souhaite un bon week end

Aurélie Gascon (sur une récolte de Bernard Desclaux)

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Serge Reggiani...

22 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Albert Camus... (+ vidéo... "L'art et la révolte ne mourront qu'avec le dernier homme")

22 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Il revoyait sa vie folle, courageuse, lâche, obstinée et toujours tendue vers ce but dont il ignorait tout, et en vérité elle s’était tout entière passée sans qu’il ait essayé d’imaginer ce que pouvait être un homme qui lui avait donné justement cette vie pour aller mourir aussitôt sur une terre inconnue de l’autre côté des mers. À vingt-neuf ans, lui-même n’était-il pas fragile, souffrant, tendu, volontaire, sensuel, rêveur, cynique et courageux. Oui, il était tout cela et bien d’autres choses encore, il avait été vivant, un homme enfin, et pourtant il n’avait jamais pensé à l’homme qui dormait là comme à un être vivant, mais comme à un inconnu qui était passé autrefois sur la terre où il était né, dont sa mère lui disait qu’il lui ressemblait et qui était mort au champ d’honneur. Pourtant ce qu’il avait cherché avidement à savoir à travers les livres et les êtres, il lui semblait maintenant que ce secret avait partie liée avec ce mort, ce père cadet, avec ce qu’il avait été et ce qu’il était devenu et que lui-même avait cherché bien loin ce qui était près de lui dans le temps et dans le sang. À vrai dire, il n’avait pas été aidé. Une famille où l’on parlait peu, où on ne lisait ni n’écrivait, une mère malheureuse et distraite, qui l’aurait renseigné sur ce jeune et pitoyable père ? Personne ne l’avait connu que sa mère qui l’avait oublié. Il en était sûr. Et il était mort inconnu sur cette terre où il était passé fugitivement, comme un inconnu. C’était à lui à se renseigner sans doute, à demander. Mais celui qui, comme lui, n’a rien et veut le monde entier, il n’a pas assez de toute son énergie pour s’édifier et conquérir ou comprendre le monde. Après tout, il n’était pas trop tard, il pouvait encore chercher, savoir qui était cet homme qui lui semblait plus proche maintenant qu’aucun être au monde. Il pouvait…

Le Premier Homme

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Pourquoi les fiches de renseignements demandées aux élèves par les professeurs devraient être abandonnées...

22 Septembre 2017 , Rédigé par Le Point Publié dans #Education

Pourquoi les fiches de renseignements demandées aux élèves par les professeurs devraient être abandonnées...

Le sociologue Pierre Merle explique comment ces informations n'ont aucune utilité et biaisent la relation entre les enseignants et leurs élèves.

Qu'ils soient fils de quidam ou de célébrité, nombreux sont les enfants qui ont cauchemardé à chaque rentrée à l'idée de devoir remplir la fameuse "fiche de renseignements" demandée par les professeurs. Il y a les jeunes adultes comme Nadia, dont le père est ouvrier et la mère fait des ménages non déclarés, qui, des années après, livre un témoignage poignant sur ces réponses impossibles à écrire. Des difficultés qui ne concernent pas que les familles précaires : ainsi, Mazarine Pingeot a confié avoir répondu sur ses fiches que son père était "écrivain ou avocat", se justifiant toutefois en expliquant qu'il ne s'agissait là que d'un "demi-mensonge". Si communiquer ces renseignements s'avère être aussi pénible, pourquoi cette pratique perdure-t-elle ? Quelles conséquences peut-elle avoir sur les élèves et sur les enseignants ? Pierre Merle, sociologue spécialiste des questions scolaires et professeur d'université en ESPE (écoles supérieures du professorat et de l'éducation), répond au Point.fr.

Le Point.fr : Pourquoi êtes-vous réticent à l'idée que les enseignants fassent remplir les traditionnelles "fiches de renseignements" par leurs élèves en début d'année ?

Pierre Merle : Ces fiches ne sont pas à proprement parler "traditionnelles". D'abord, elles n'ont pas toujours existé en France ; ensuite, elles ne sont pas présentes dans beaucoup d'autres pays. En Allemagne, on trouverait ces fiches indiscrètes ; au Japon, elles frôleraient l'indécence. Nombreux sont les pays qui considéreraient cet usage comme décalé et impoli, comme une intrusion dans la vie privée.

Mais n'est-ce pas utile qu'un professeur connaisse les moyens personnels dont dispose un élève pour pouvoir éventuellement l'aider à pallier ses difficultés ?

Un prof n'a pas besoin de savoir quoi que ce soit de personnel sur ses élèves pour enseigner. Il n'existe pas d'étude qui montre que connaître ces informations ait des répercussions positives pour l'élève, alors qu'en revanche certaines démontrent qu'elles peuvent avoir un impact négatif.

Quels sont ces effets négatifs ?

Il y a deux raisons essentielles d'être réticent à l'égard de ces fiches. La première concerne les professeurs : il est démontré que les professeurs sont influencés dans leur notation par les informations qu'ils ont sur les élèves, par la connaissance de leur origine sociale, par leur niveau scolaire ou leur établissement d'origine. Tout comme la notation, les fiches de renseignements influencent les attentes des enseignants vis-à-vis des élèves. C'est le principe des prophéties autoréalisatrices : on se crée une image de l'élève, on attend moins de l'élève, donc il fait moins de progrès. Ces biais sociaux d'évaluation ont un effet négatif sur les apprentissages. Encore aujourd'hui, les études du ministère le montrent : pendant les conseils de classe, l'environnement familial joue sur les décisions d'orientation : un élève dans une situation jugée précaire sera plus souvent orienté vers un choix moins ambitieux.

Ces fiches de renseignements posent également un problème pour les élèves : certains vont vouloir cacher la réalité de leur vie privée. Par exemple, lorsqu'il s'agit de déclarer la profession des parents, certains - plutôt d'origine défavorisée - vont camoufler des métiers jugés peu prestigieux (un ouvrier chez Citroën sera ainsi "employé chez Citroën"). Parfois, les élèves issus de catégories très aisées vont également être tentés de rester flous, comme cela peut être le cas pour un P-DG, qui devient "cadre" sur la fiche de renseignements : une profession très réputée place l'enfant dans une situation à son goût inconfortable, se sentant trop éloigné de la moyenne. Cette fiche constitue souvent le premier contact avec le professeur et la méfiance peut s'installer d'emblée, alors qu'il vaudrait mieux construire une relation basée sur la confiance. C'est particulièrement dommage. L'enfant se sent en insécurité.

Mis à part la profession des parents, quels autres critères peuvent poser problème ?

Le statut familial compte énormément : l'élève n'a pas nécessairement envie de faire état du décès de son père, du divorce de ses parents, de la présence d'un beau-père comme tuteur... Il existe une proportion non négligeable de familles recomposées ou de mères célibataires. Autre critère que les professeurs devraient s'abstenir de demander : le niveau scolaire dans la matière, ou la moyenne de l'année précédente. Connaître le niveau des élèves biaise souvent l'image que l'enseignant a de chaque élève et il n'est pas utile de rappeler indirectement aux jeunes qu'ils sont mauvais avant même le début de l'apprentissage ! Parfois, le professeur demande même à ses élèves de dire s'ils aiment la matière, alors même qu'un enseignant doit repartir de zéro et transmettre le goût de sa discipline.

Mais pourquoi, alors, les professeurs font-ils remplir cette fiche ?

Ils se justifient souvent en expliquant qu'en cas de problème avec un élève, ils vont "consulter sa fiche". Mais ce n'est pas très convaincant. En cas de besoin, il vaut mieux aller voir l'élève. Le meilleur moyen d'avoir toutes les informations utiles, c'est encore de lui parler. L'enseignant n'a besoin que de la liste des élèves de la classe. Il n'est même pas utile qu'il connaisse leur date de naissance, car il n'a pas à savoir que certains sont redoublants. La liberté pédagogique française permet d'obtenir ce type de renseignements, sous couvert de vouloir aider les enfants... Mais ce sont là de faux arguments si les renseignements obtenus créent, comme le montrent les recherches, des effets d'attente préjudiciables aux élèves faibles, redoublants et d'origine populaire.

Existe-t-il des instructions officielles concernant cette fiche ou est-elle laissée à l'initiative individuelle des enseignants ?

Cette habitude typiquement française perdure en dehors de tout texte réglementaire. C'est une sorte d'habitude professionnelle que les profs se sont créée seuls, et qui trouve sa source à la création du collège d'enseignement secondaire, en 1963, et du collège unique une dizaine d'années plus tard. Avant cela, les élèves étant scolarisés dans des établissements différents selon leur niveau et leur origine sociale, le prof savait "à qui il avait affaire", comme me l'a dit un enseignant. En 1977, le dossier scolaire a été créé pour officialiser cette recherche d'informations sur les élèves. Fédérations de parents d'élèves et médecins de la Protection maternelle et infantile (PMI) s'étaient alors insurgés, arguant que ce dossier était un outil de sélection et de fichage des élèves. L'État avait alors laissé libre choix aux établissements et aux professeurs, qui ont conservé la pratique. La fiche de renseignements demandée par les profs d'aujourd'hui, c'est finalement un mélange du livret (qui appartient à l'élève) et du dossier scolaire (qui appartient à l'établissement).

Vous enseignez à l'ESPE : comment les professeurs stagiaires perçoivent-ils ces fiches de renseignements ?

De nombreux enseignants stagiaires ne font pas remplir cette fiche, mais certains y sont toutefois fort attachés, allant même jusqu'à la considérer comme "essentielle". Malgré tout, j'ai le sentiment que cette pratique régresse, que la réflexion a beaucoup avancé sur ce sujet dans les vingt dernières années, par rapport à l'époque où j'enseignais au lycée. C'est bon signe.

Propos recueillis par Louise Cuneo

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Bien-être des élèves: quelles caractéristiques françaises?...

22 Septembre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Société

Bien-être des élèves: quelles caractéristiques françaises?...

EXTRAITS

Des élèves qui se sentent plutôt bien, dont le sentiment d’appartenance à l’école est moindre que dans d’autres pays et qui expriment une forte dépendance à l’internet, telles sont quelques unes des tendances marquant les réponses des jeunes français de 15 ans à l'enquête PISA 2015.

La publication par l’OCDE du volume trois des résultats de PISA 2015 permet de disposer d’une fiche consacrée à la France[1] qui aide à caractériser le bien-être de nos élèves par rapport aux autres pays membres de l’OCDE.

Quatre dimensions de bien-être sont examinées au travers des questions auxquelles répondent les élèves de 15 ans : physique, psychologique, sociale et cognitive.

Pour chacune de ces dimensions, une donnée est mise en avant, susceptible de caractériser la spécificité des élèves français par rapport aux élèves des autres pays de l’OCDE. Ensemble, ces données peuvent aider à caractériser notre modèle d’éducation.

Au plan physique, les élèves français se caractérisent par une pratique sportive régulière moindre que celle de leurs homologues : alors que la moyenne de l’OCDE est de 78%, ils ne sont que 72% à déclarer pratiquer une activité physique modérée deux jours au moins par semaine.

Au plan psychologique, alors que la moyenne de l’OCDE est de 71%, ils sont 78% à se déclarer satisfaits de leur vie.

Au plan social, les élèves français déclarent un sentiment d’appartenance à leur école inférieur à la moyenne de l’OCDE. Cela tiendrait-il par exemple au fait qu’ils sont 12%  à déclarer avoir été ridiculisés par un enseignant au moins quelques fois par mois, contre 10% en moyenne dans l’OCDE, ou 22% à avoir le sentiment d’avoir été noté injustement, contre 18% en moyenne dans l’OCDE ? En tout cas, pour ce qui concerne l’utilisation d’Internet en dehors de l’école, les garçons français déclarent y passer 128 minutes par jour en semaine contre 147 en moyenne dans l’OCDE, et les filles 125 contre 145 ; le week end, garçons et filles français sont au dessus de la moyenne de l’OCDE : 194 contre 186, 187 contre 182. En revanche, filles et garçons sont 80% à déclarer se sentir très mal si aucune connexion à Internet n’est possible, contre 54% en moyenne de l’OCDE.

Au plan cognitif, 78% des élèves atteignent le seuil de compétences en France, contre 79%en moyenne dans l’OCDE.

(...)

C’est sans doute le plan social qui nous interroge. Si les données concernant le harcèlement, selon la définition retenue par l’OCDE, placent les jeunes français un point en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE (18% se déclarant victime de harcèlement contre 19% en moyenne OCDE), celles concernant les relations entre élèves et enseignants ne sont pas optimales. Les données concernant la vie en ligne des jeunes français de 15 ans semblent témoigner aussi d’une dépendance forte à l’égard d’Internet, avec un effet de manque bien plus massif qu’en moyenne dans l’OCDE. Mais il faudrait pouvoir mesurer le taux de fiabilité des réseaux selon les pays, qui peut jouer dans le creusement de cet écart.

(...)

Jean-Pierre Véran

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Stéphane Bern et les patrimoines...

22 Septembre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Histoire, #Politique

Stéphane Bern et les patrimoines...

Est-il nécessaire de souligner que la nomination de Stéphane Bern à la tête d'une «mission sur le patrimoine» n'a pas suscité l'enthousiasme (c'est le moins qu'on puisse dire !) chez les historiens qui se sont risqués à contester ce choix "jupitérien" dont les raisons peuvent paraître étonnantes à ceux qui n'en connaissent pas les vraies raisons et qui ont eu le courage d'exprimer quelques doutes.

En dehors de ceux qui se sont bornés à maugréer en silence, tout en en pensant pas moins, vu l'insolite de cette nomination, Nicolas (l'Obs, maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, a été l'un des rares à exprimer son sentiment sur les réseaux sociaux. Bref extrait de son point de vue : 

"Ce choix est un très mauvais symbole, notamment pour le monde de la culture et de l'histoire. Alors que la France compte de nombreux professionnels qui travaillent depuis des années sur le patrimoine, qui mènent des recherches exigeantes et sérieuses, qui réfléchissent en profondeur sur ce sujet, Emmanuel Macron choisit de confier un dossier aussi capital à quelqu'un qui n'a strictement aucune compétence en la matière. C'est désastreux. C'est une vraie gifle adressée aux professionnels qui travaillent dans l'ombre sur ces thématiques. Mais au-delà du symbole, et du manque de compétences de Stéphane Bern, ce choix est également assez inquiétant. D'abord parce que les questions de patrimoine sont loin d'être anodines. Les enjeux sont très importants : il s'agit tout simplement de faire le tri, de choisir ce que notre société doit valoriser de son passé, et donc ce qui ne le sera pas ou le sera moins. Il s'agit donc aussi, par ce choix, de mettre l'accent sur certaines valeurs plutôt que d'autres. Or Stéphane Bern n'a pas de réflexion distanciée sur ces sujets [ il a toutefois ses raisons comme on va le voir! ]. Et il est tout sauf neutre idéologiquement dans sa manière d'appréhender le passé, l'histoire de France et même le présent.

- Quelle vision du patrimoine et de l'histoire de France craignez-vous qu'il défende ?

Stéphane Bern ne s'est jamais caché. Il a toujours indiqué qu'il aimait "l'ordre et la monarchie", et qu'il était partisan du "roman national", qui n'est rien d'autre qu'une fiction identitaire faite de héros et d'épisodes forts mais idéalisés. Sa vision de l'histoire et du patrimoine est donc une vision étriquée et orientée. Stéphane Bern est l'un des symboles des "historiens de garde", ces histrions - pour la plupart des essayistes -  qui font de l'histoire un terrain d'amusement et qui se servent de leur visibilité médiatique pour mettre en avant un discours politique orienté clairement réactionnaire, défendant une vision apeurée de la France et de son histoire."(L'obs). 

En fait les choses sont  bien plus complexes comme on le verra dans la suite. La principale opération de Stéphane Bern en matière de patrimoine est en effet toute autre. Toutefois, Stéphane Bern, conscient des attaques qu'il allait subir, n'a pas manqué en effet de prendre les devants, à sa manière et on l'entend beaucoup dans des médias qui sont à sa botte.

(...)

Robert Chaudenson

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... MEDEF la polémique - Climat scolaire - Divers - Ailleurs

22 Septembre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... MEDEF la polémique - Climat scolaire - Divers - Ailleurs

Le MEDEF a lancé une belle polémique et ça réagit très fort, même le ministre ! Il sera également question du climat scolaire. Diverses infos et d’autres venues d’ailleurs complèteront cette revue à quatre mains, merci Géraldine.

MEDEF la polémique

"Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail" : la blague nulle du Medef. “Si la communication sur les réseaux sociaux était un art, le Medef n’en serait pas l’une de ses plus grandes figures. Quotidiennement, sur Twitter, des "mots-dièse" -ou hashtags pour les amateurs d’anglicismes- fleurissent et sont repris par les utilisateurs. Plus ou moins dignes d’intérêt, ils constituent une bonne fenêtre pour tous ceux qui cherchent à gonfler leur popularité à moindre frais.”

"Si l’école faisait son travail, j’aurais un travail" : le slogan provocateur du Medef provoque la colère des enseignants. "Les enseignants ne décolèrent pas après l’émergence sur les réseaux sociaux d’un slogan mettant en cause l’Education nationale. Le syndicat patronal Medef, à l’origine de la phrase polémique, assume cette sortie provocatrice.”

Le Medef somme les enseignants de « faire leur travail ». “Le Medef voulait faire entendre sa voix dans les débats sur l’école. D’une certaine manière, c’est réussi. La campagne de communication de l’organisation patronale, lancée depuis le 9 septembre pour attirer l’attention du public sur ses propositions éducatives, a littéralement cloué sur leurs chaises les professeurs de la FSU, le principal syndicat de l’Education nationale.”

Mais c’est l’ensemble de la campagne du MEDEF pour l’éducation qui s’en prend à l’école et ses enseignants sur Eduquerformer.

La réaction de Philippe Watrelot. Le Medef a raison ! (et complètement tort…). "Oui, je sais ça peut surprendre, voire provoquer (et c’est fait pour…). Si le Medef a donc raison de distinguer les enseignants du système dans lequel ils évoluent, il a tort sur toute la ligne en voulant provoquer et agresser pour faire changer et en jouant l’opinion contre les enseignants. Un tel management (sans ménagement) est une impasse, on n’obtient pas le meilleur des gens en les insultant Le moindre patron devrait savoir ça… Les ministres aussi…"

Et la réaction du ministre sur twitter, je vous laisse la découvrir…

Climat scolaire

Violences scolaires : 442 incidents recensés chaque jour. “Près de la moitié des élèves sont témoins de violences au collège, selon une enquête qui paraît ce mercredi. Un fléau caché. Une estimation basse. « Le phénomène de la violence scolaire est sous estimé, et il l’est depuis toujours, recadre l’historien de l’éducation Claude Lelièvre. Une partie des incidents ne sont pas déclarés : certains établissements n’ont pas intérêt à dire qu’il y a des problèmes chez eux, et tous n’ont pas le même seuil de tolérance. »

Mais on a un autre son de cloche à Libération : En réseau d’éducation prioritaire, 9 jeunes sur 10 se sentent à l’aise au collège. "L’Afev publie une enquête consacrée à la perception par les collégiens de REP du climat scolaire. 90% d’entre eux se sentent bien dans leur établissement, même si près de la moitié a déjà été témoin de violences."

Bien être des élèves : Les relations scolaires restent un problème. “Que sait-on du bien être perçu par les élèves à l’école ? Qu’est ce qui l’influence ? Quelles conséquences a-t-il ? Un rapport de recherche du Cren (Etude BE-Scol 2, Université de Nantes) apporte un nouvel éclairage sur ces questions. Original, il s’agit d’une étude longitudinale qui suit sur plusieurs années un millier d’élèves du primaire et du collège, ainsi que des enseignants et personnels de direction, sur plusieurs années. Agnès Florin, co auteure du rapport avec Philippe Guimard, Fabien Bacro, Séverine Ferrière et Tiphaine Gaudon ville, fait le point sur les apports de cette recherche.”

Harcèlement scolaire : “on ne parle qu’aux harceleurs, et pas aux harcelés”. “La psychopraticienne Emmanuelle Piquet, représentante en France de la méthode de thérapie brève de l’École de Palo Alto, prône le "boomerang verbal" face au harcèlement. Une méthode consistant à apprendre comment tenir tête à son harceleur.”

Divers

L’école remplace internet par des pigeons voyageurs. “Dans le pays de Pontivy (Morbihan), trois écoles vont communiquer entre elles non par internet, mais par la voie des airs, avec des pigeons voyageurs. Les oiseaux seront chargés de transporter… une clé USB !

Pour les parents d’élèves, l’école peut mieux faire. C’est un échos au MEDEF ? “Selon un sondage Ipsos/Squla, dont La Croix dévoile les résultats, 95 % des parents d’élèves souhaitent voir l’école réformée, et ce, « en profondeur » pour 37 % d’entre eux. Cette étude semble valider le principe d’évaluations nationales, réintroduites en cette rentrée par le ministère de l’éducation.”

La fin des conseillers d’orientation. “Les psychologues de l’Education nationale ont fait aussi leur rentrée, avec une nouveauté cette année : le regroupement des métiers de psychologue scolaire (dans le 1er degré), de conseiller d’orientation-psychologue et de directeur de centre d’information et d’orientation (dans le second degré).” Dommage, la vidéo ne marche pas...

Humour : la photo de classe.

Collège. Affiner ses connaissances, travailler ses points faibles et développer des valeurs comme la solidarité et la bienveillance. "C’est le principe des classes Coopératives". Une vidéo-reportage avec Guillaume Caron.

La revalorisation PPCR bloquée dès 2018 annonce ID FO. “Alors que le ministre des comptes publics assurait avoir signé les décrets d’application de la revalorisation en application des accords PPCR, le cabinet de JM Blanquer a saisi l’occasion de la réunion d’un groupe de travail de personnels de direction pour annoncer le blocage du PPCR dès 2018. Selon ID FO, un syndicat de personnels de direction, toutes les mesures financières seront reportées dès 2018 de 6 à 18 mois.”

Collège : Les nouveaux indicateurs IVAC et la fermeture des collèges. "Le Ministère ne rejette pas l’idée de devoir fermer les établissements que l’on ne pourra pas réparer ". C’est, selon ID FO , ce que pourraient apporter la mise en place des nouveaux indicateurs des collèges qui résulteront de la nouvelle évaluation de 6ème."

Xavier Michel : "Les plus grands dons proviennent souvent d’alumni". “Si la culture du fundraising s’est développée au Royaume-Uni et dans les pays nordiques, la France a encore des marges de progression. Quelles leçons nos universités peuvent-elles tirer de l’expérience de leurs homologues européennes ? Éléments de réponse avec Xavier Michel, ancien directeur de l’École polytechnique aujourd’hui membre du conseil d’administration de CASE Europe, en amont de la conférence EducPros du 28 septembre.”

Ailleurs

L’école sous le joug des islamistes en Algérie . “Noria Benghebrit, la ministre de l’Éducation nationale, a encore tenté des réformes audacieuses, pour la rentrée. Mais la voilà de nouveau la cible d’une violente campagne de déstabilisation. Dès sa nomination, la ministre a tenté de redresser la barre pour remettre à flot une « école sinistrée » : réforme des programmes, modernisation des contenus, rigueur dans le recrutement des enseignants, réintroduction du français dans l’enseignement des matières scientifiques...
Assez pour réveiller la fronde. La presse national-islamiste lui reproche une connaissance approximative de la langue arabe, avant de l’accuser, suprême hérésie, d’être de « descendance juive »... Leur argument : son grand-oncle, Kaddour Benghebrit, recteur de la Grande mosquée de Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, a sauvé des dizaines d’enfants juifs d’une mort certaine
.”

Au Mexique, la pénible fouille des décombres d’une école. “Une trentaine d’enfants ont été pris au piège dans leur école, lors du terrible tremblement de terre qui a fait plus de 200 morts mardi.”

Bernard Desclaux sur une récolte de Géraldine Duboz.

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Shantel...

21 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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